Derniers stops avant la pause

Wulingyuan ↝ Dapingzhen ≈ 70km (20 avril)

Au départ de Wulingyuan

Au départ de Wulingyuan

Mon vélo est sec après ces quelques jours de repos, mes affaires encore bien trempés, surtout après la pluie d’hier matin. Un dernier petit déjeuner aux petits beignets vapeurs dans la boutique d’à coté, puis le départ monte un peu et passe en bas de gorges plutôt chouette, et c’est ensuite la descente, non-stop quasiment jusqu’à Zhangjiajie ! Ma carte indiquait une grande montée au début, mais j’ai rien vu…

La traversée de la ville n’est pas très intéressante, je me perds un peu pour trouver la route que j’avais repéré … qui est vraiment petite en fait… Tout de suite, ça monte pas mal, on sort de la ville et passe à coté d’une immense décharge à ciel ouvert où des camions desservent des bennes complètes avec des gens qui récupèrent … des trucs et des machins. Je trouvais que ça sentait mauvais dans le coin, et pour cause. J’ai pas pris de photos, mon moral n’y était pas. Puis la route continue, les villages laissent place à quelques maisons, entrecoupés de … rien, à part la route qui monte et la forêt. Je re-regarde la carte, et apparemment il n’y a pas de ville de taille minimum avant 150 kilomètres. J’ai pas trop d’eau sur moi, plus à manger à part quelques snacks. Le temps à l’air … plutôt très gris, même si il ne pleut pas aujourd’hui. Le doute s’installe, est-ce que je continue sur cette petite route, ou est-ce que je fais marche arrière pour quelque chose de plus “facile” ? Après une bonne demi-heure à tergiverser (et à prendre la pause au passage, parce que ça monte toujours), j’arrive finalement au sommet de la montée. Je m’arrête une dernière fois, regarde devant, regarde derrière. “Allez, c’est l’aventure hein”, et je continue de la lancé.

Au dessus de Dapingzhen

Au dessus de Dapingzhen

5 minutes plus tard, au détour d’un virage, j’aperçois en contre-bas une “grosse” ville, bien plus grosse que ce que ma carte pouvait laissée penser. Je pourrais y trouver à manger, à boire, à dormir si il faut. Je re-regarde ma carte et pour finalement comprendre qu’en fait, oui, il y a des villes sur le chemin, c’est juste pas très bien indiqué (ou alors j’ai pas trop compris le chinois…) Rassuré et remotivé par cette bonne nouvelle, je repars. Le paysage est pas mal, les montagnes au loin sont vraiment jolies, avec leurs formes “chinoises” et les sommets jouant à cache-cache avec la brume. Pas trop tard dans la journée, je retraverse une petite ville, un hôtel, je m’arrête. Je suis pas sûr de pouvoir trouver autre chose avant 30 ou 40 kilomètres de route qui monte encore… Demain, j’ai du pain sur la planche !

Dapingzhen ↝ Yuanling ≈ 105km (21 avril)

Après une bonne nuit de sommeil, couché tôt, levé tôt, motivé pourtant malgré ce qui a l’air de m’attendre … et je me réveille au son de la pluie battante fort, fort dehors 🙁 Bon, j’ai du temps pour refaire mon sac, ressortir les bâches anti-pluie. Quand ça se calme, j’en profite pour partir prendre mon petit-déjeuner et repartir sur la route vers 8h du matin. Ça monte direct, il pleut un peu quand même, mais je suis encore motivé… Une demi-heure plus tard, j’arrive au sommet et ça commence à descendre, à descendre, vraiment à descendre (pointe à 52 km/h, sur route mouillée ouais) enter les montagnes, vers la rivière en contre-bas … et c’est vraiment, vraiment joli !

Vers Tongchepingxiang

Vers Tongchepingxiang

Tout est vert, luxuriant, la brume joue à cache-cache avec les montagnes, l’eau ruisselle de partout, en cascade, la rivière à même l’air propre, d’une belle couleur bleue avec les rochers portant sur le rouge-marron. La route est vraiment bonne, quasi neuve, je croise une voiture toute les 15 minutes… Si ce n’était la pluie qui continue, doucement, ça aurait été vraiment super. La route suit aussi cette rivière, du coup le relief s’est aussi bien calmé et c’est finalement bien plus facile que ce à quoi je m’étais préparé et c’est une bonne nouvelle !

Après presque 4 heures de route, j’arrive à la deuxième ville sur ma carte (j’avais bien fais de m’arrêter hier soir !), le trafic reprend un peu, la pluie va et vient, la rivière lentement s’agrandit pour finalement arriver à Yuanling en fin d’après-midi… Journée pas si pire en fait !

Yuanling ↝ Cha’anpuzhen ≈ 100km (22 avril)

Réconforté de ma journée d’hier, je repars confiant le lendemain matin sous le soleil (enfin !) … et ça s’annonce plutôt difficile ! Ça monte pas mal, ça descend un peu, pour le coup il fait chaud (faut bien se plaindre hein), mon stock d’eau descend très vite… J’avais pas vraiment prévu ça en fait.

En sorti de Yuanling

En sorti de Yuanling

En fin de matinée, au détour d’un village, quelques secondes d’inattention et je me prends le coin d’une moto à remorque (?), à peu de choses près je me retrouvais bien par terre…! Pas trop de mal, à part casser un disque en plastique sur les plateaux de mon vélo (bah, ça fera du poids en moins !) … et mon compteur de vitesse qui a décidé de faire la grève… Bon, j’en profite pour enlever le sable de ses derniers jours, vu que le vélo est sec maintenant.

Amis sur la route o/

Amis sur la route o/

Juste après, je croise tout une équipe de cyclistes Merida, toute marque dehors comme ça a l’air d’être l’habitude, qui ont l’air de rentrer chez eux, vélos sur pickup. Je ralentis quand je les vois, ils me font clairement comprendre de m’arrêter et c’est reparti pour une séance photo. Je crois comprendre qu’ils veulent m’accompagner, mais en fait non. Le chinois, c’est pas facile des fois. Je comprends pourtant une bonne demi-heure plus tard, en arrivant au sommet d’une montée, où 3 autres cyclistes font une pause, tout aussi bariolés que les autres (en fait, c’était eux qui allaient m’accompagner…! Tout est clair maintenant !) On discute un petit peu, et ils repartent peu de temps après. Je reste encore une bon quart-d’heure pour me reposer puis repars … et les rattrapent après une grosse demi-heure de route. Les 2 au fond traînent un peu, mais celui de devant avance pas mal, je le rattrape aussi et on continue le chemin ensemble … jusqu’au soir. On s’arrête régulièrement pour faire des pauses pour attendre ses deux amis. L’équipe a 56, 60 et 61 ans, et ils vont de Yuanling où j’étais la veille jusqu’à Beijing ! Quelques kilomètres et heures de vélo en perspective…

Du coup, on partage les chambres le soir, je découvre un nouveau style de logement en Chine (les guest-house où on paie juste pour le lit, et non pour toute la chambre, prix record à 20 Yuan la nuit !) et on partage un bon gros repas, ça change des nouilles !

Cha’anpuzhen ↝ Changchangwan ≈ 135km (23 avril)

Au petit matin, réveille aux aurores par le réveil de l’internat du lycée d’à coté … et par le son de la pluie qui bat très largement… Après le beau temps d’hier, la motivation en prend un coup. Je retrouve mes compatriotes d’hier déjà près casque sur la tête en train de prendre leur petit-déjeuner en bas. À 7 heures, une première équipe s’en va et l’autre gars attend que je finisse mon petit-déjeuner … et que la pluie se calme. Finalement, on part alors que ça tombe encore, moins. Je branche la musique, il faut bien ça pour continuer à avancer. 20 minutes plus tard, je me retourne pour m’apercevoir que je suis tout seul. J’attends un peu, fais mine de revenir en arrière puis mon compatriote ré-apparaît. Il me dit un truc, mais j’ai pas compris. On s’arrête 40 minutes plus tard, sans avoir rejoins ses amis … pour finalement comprendre qu’on les avait déjà dépassé ! Bon, j’avais rien vu.

Quelque part dans la campagne

Quelque part dans la campagne

Finalement, en fin de matinée, on se sépare, ils continuent vers le Changde et le nord, je pars prendre un “raccourci”. La route est pas mal, à travers les rizières en train d’être plantée, puis ça se transforme en chemin boueux pendant une bonne trentaine de minutes (genre, j’aurais eu le temps de trouver un autre chemin). Ça monte, ça descend, la pluie est présente, pas trop forte, j’avance pas bien vite. La motivation en prend un coup… Finalement, je retrouve la route, la vraie. C’est à dire, celle où il y a tout les camions, celle qui est défoncée, etc. Pas vraiment rigolo. Décidé à avancer le plus possible aujourd’hui, je m’arrête dans le même genre de logement qu’hier (j’ai appris des trucs quand même !) après 135km et plus de 10h de vélo dans la journée… Mon logement est pas luxueux, mais ça fera bien l’affaire…

Changchangwan ↝ Changsha ≈ 100km (24 avril)

Comme d’habitude, je me réveille au son de la pluie. J’ai qu’une centaine de kilomètres à faire aujourd’hui, mais la journée commence décidément mal. J’attends un peu que ça se calme et part vers 8h… pour m’arrêter 40 minutes plus tard parce que décidément, il pleut vraiment trop aujourd’hui. Il n’est pas encore 9h du matin et je suis trempé jusqu’au os malgré mes protections. Je m’arrête à Yiyang, me met à couvert devant une boutique China Mobile. Quelques minutes plus tard, une des employées me fait signe de rentrer me mettre “au chaud” (toutes les portes de la boutique sont ouvertes…) et m’apporte un verre d’eau chaude. J’attends patiemment en regardant la pluie qui ne diminue pas dehors. Vers 10h, je me décide à repartir, mais je demande avant où je peux acheter une meilleure cape de pluie que ce que j’ai. Du coup, la nana me dit de venir avec elle, et on part acheter une cape ensemble … qu’elle paiera pour moi, difficile de faire autrement.

Arrivé à Changsha...

Arrivé à Changsha…

La pluie s’est un tout petit peu calmée, mais cape est pas trop mal, du coup je repars, concentré sur l’objectif qui est encore loin devant… Journée très difficile, la route est mauvaise, il y a pas mal de colline, la pluie ne s’arrête pas de toute la journée, je me suis un peu perdu en route, les pauses s’imposent. Finalement, vers 17h, j’arrive à l’entrée de Changsha, où on doit venir me chercher. Les conditions de circulation n’étant pas facile aussi pour les voitures, j’attends devant l’entrée de l’École Supérieur de Changsha, où des étudiants viennent me retrouver pendant une bonne heure et demi pour parler un peu anglais ! Finalement, vers 19h, un de leur professeur, Jie, que j’ai contacté via WarmShowers vient me récupérer et me ramène chez lui… Douche chaude, grosse grosse lessive, gros gros étendage de tout ce qui traînait sur mon vélo, repas chaud… C’est pas Kunming, mais je suis arrivé à destination…


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