Traverser le Laos à vélo … sans vélo!

Panne de pneu

Panne de pneu

Le 20 juin, après 2 jours à finir de traverser le Yunnan en direction du Laos, je passe finalement la frontière en fin de matinée – À la prochaine fois la Chine !

Juste après la frontière, on se croirait encore en Chine : les bâtiments se ressemblent fortement, et la plupart des panneaux sont écrits en chinois et lao, mais après quelques kilomètres, les maisons se transforment en cabanes en bois, le chinois disparaît, et maintenant, le script lao devient cette fois “complètement chinois” pour moi. C’était plus facile en Chine !

Mais très vite, les ennuis commencent : je sens ma roue arrière qui fait des trucs bizarres, et en y jetant un oeil plus en détail, il s’avère qu’elle n’est plus trop gonflée. Une petite tentative de pompe laisse entendre un petit sifflement : bon, cette fois, je vais y coller une rustine. Après avoir tout sorti, tout remonté, ça a l’air pas trop mal. Je repars, mais très vite après, même sensation de truc bizarre à l’arrière, et mon pneu est encore à plat. Je sais que mes deux pneus tirent un peu la gueule et auraient tout les deux mérités d’être changés à Jinghong, mais, ben, je l’avais pas fais. Bon, pas grave, j’ai une chambre à air de secours, que je me décide à sortir et à mettre à l’arrière. Redémontage, confirmation que ça fuit encore sur l’ancienne, tant pis, je mets la nouvelle, remonte tout, commence à regonfler mon pneu, et pan, la valve (de ma chambre à air neuve, hein), me reste dans les doigts. Super… Je redémonte tout, commence à rustiner mon ancienne chambre à air, trouve un trou, 2 trous, 3 trous, 4 trous… Un couple de chinois à vélo, que j’avais croisé à la frontière, débarque et me file un coup de main. Déjà 6 rustines, et ça a pas l’air folichon… Je repars comme ça, mais doit toute les 10 minutes redonner un coup d’air, parce que ça fuit encore (par la valve, au moins !) Après cette journée un peu laborieuse, on s’arrête à Namor pour prendre un diner et trouver un endroit (cher!) où passer la nuit. Ma première journée au Laos n’a rien de bien excitant…

Premiers bus du Laos

Premiers bus du Laos

Le lendemain, mon pneu est complètement à plat, j’y refile un coup quand même, en me disant que ça tiendra bien jusqu’à Luang Prabang. On prend un petit déjeuner de soupe de nouilles, et on commence à grimper. Bien motivé après ma journée merdique d’hier, je pars bien devant, m’arrête pour regonfler un coup, mais cette fois, mon pneu est complètement vide. Et regonfler n’y change rien, ça bouge pas… Ça va être compliqué de faire 200 kilomètres comme ça. Mes compatriotes chinois me rejoignent, je leur fais comprendre que cette fois, c’est cuit, et ils continuent leur route. De mon côté, un peu de stop, mon vélo dans un pickup jusqu’à la prochaine grosse ville (pas de boutique de vélo dans celle là), attendre 5 heures un bus pour Luang Prabang, en compagnie d’un couple de chinois d’une cinquantaine d’années bien sympathique, puis 10 heures de bus jusqu’à Luang Prabang avec mon vélo sur le toit du bus… Vu la gueule de la route, que se soit le dénivelé ou la qualité du revêtement (tout est détruit, en attente d’être refait ?), je suis pas mécontent d’avoir fait le trajet à vélo… En arrivant, tard le soir, je récupère mon vélo du toit … couvert de poussières.

Coucher de soleil sur le Mékong

Coucher de soleil sur le Mékong

À Luang Prabang, je partage ma chambre avec un jeune chinois, rencontré dans le bus. Pas moyen de trouver une boutique de vélo avec ce que je cherche, et j’en ai fais des boutiques… Malgré la horde de backpackers babas-super-cools et l’indissociable colonie de tuk-tuk près à m’emmener n’importe où où je n’ai pas envie d’aller, j’essaie d’y trouver un compte là dedans. C’est une ville sympathique, mais pas vraiment ce que je cherchais en faisant ce voyage à vélo, si je voulais éviter les endroits trop touristiques, c’est un peu raté. Et finalement, malgré la chaleur et l’humidité, il fait quand même bien moins chaud à faire du vélo qu’à marcher… Je ronge mon frein à coup de café et de gâteaux au chocolat, c’est au moins quelque chose que la Chine n’a pas. J’ai pris contact avec une boutique de vélo de Vientiane, ils ont, peut-être, ce qu’il faut là bas, sinon il faut commander depuis Bangkok…

Laos et Thailande

Laos et Thaïlande

Finalement, 4 jours plus, moi et mon coloc de chambre, on part prendre un tuk-tuk, vélo sur le toit, direction la station de bus pour en prendre un pour Vientiane. On arrive le lendemain matin et une fois notre hébergement et notre petit-déjeuner prient, je file en direction des boutiques de vélo, et vers 12h30, j’ai enfin quelque chose qui roule correctement de nouveau ! Là, c’est la fête. Je sillonne la ville, évite une grosse averse, me perd, retrouve mon chemin… On se croirait presque en France vu le nombre de restaurant français !

Finalement, le surlendemain, après avoir fini de réparer mon vélo, quelques paperasses et un peu de tourisme, je me sépare de mon coloc de chambre, et pars en direction de la Thaïlande ! Mon séjour au Laos n’aura pas été franchement mémorable, mais au moins, j’aurais rattrapé (?) mon sommeil manquant… Je ferais mieux la prochaine fois, j’espère !


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