Au pays du pickup…

Frontière Laos/Thailande

Frontière Laos/Thailande

Le 28 juin, mon vélo enfin réparé, après avoir dormi largement plus que nécessaire (?) à Vientiane, je pars tôt le matin, après m’être séparé de mon coloc de chambre Fang, en direction de la frontière avec la Thaïlande.

Après un large détour que j’aurais pu éviter si j’avais suivi la carte de manière plus précise, je passe enfin la douane vers 10h30 du matin : j’ai rien compris au poste frontière coté Laos, on dirait qu’il y a une espèce de taxe à payer, mais j’ai rien payé du tout, personne ne m’a rien dit. Bref, je sors du Laos, je change de voie (et oui, on conduit à gauche en Thaïlande) et je passe le “pont de l’amitié Thai-Laos” pour me retrouver, de l’autre coté du Mékong, en Thaïlande !

Après un bon repas, commence le long trajet vers le sud. Pendant une quinzaine de jours, la route est assez plate, mais le soleil tape fort quand même, la chaleur est bien présente, l’humidité aussi. J’ai bien besoin de mes 5 litres d’eau par jour, si je veux survivre dans ces conditions…

 

Ma première nuit en Thailande

Ma première nuit en Thailande

Comme au Laos, le Thai, c’est du chinois pour moi, plus que le chinois (le vrai) ne l’est ! Du coup, c’est pas forcément simple pour s’y repérer dans ce nouveau pays. Pour ma première nuit, j’arrive dans un village dans lequel je pense pouvoir trouver quelque chose à dormir. Mais très vite, je me rends compte que le village, est en fait un vrai village, c’est-à-dire pas très gros, et pas l’once d’un hôtel ou quelque chose du genre dans le coin. En entrant, j’entends une fille crier du bord de la route “Hello beautiful !” (enfin, c’est ce que j’ai compris hein). Du coup, je m’arrête, fais demi-tour vers quelques cris et rires, et je demande si il n’y a pas quelque chose pour dormir dans le coin. Heureusement, on m’indique rapidement des endroits où dormir, que je n’avais pas vu au bord de la route. Je continue donc pendant quelques kilomètres en suivant leurs indications, me perds dans les bois en suivant un panneau qui indiquait … quelque chose, me fais secourir par une jeune fille parlant un anglais pas mal assise dans la remorque du “tracteur” tiré par ses parents en revenant des champs, pour finalement tomber sur un “resort”, en fait une dizaine de bungalows, plutôt joliment aménagés, pour pas trop trop cher (350 Baht la nuit). Le soleil est pas loin de passer l’horizon de toutes façons, j’ai pas trop trop le choix, mais il y a décidément pire comme endroit pour dormir… Par contre, il ne font pas à manger, il faut donc que je revienne 3 kilomètres en arrière dans le village, où malgré l’absence de restaurant, je trouve quand même quelques trucs au marché. En commandant quelques brochettes de poulet grillé, je quémande même un peu de riz, qu’on me donne à grosse poignée en rigolant, du bon riz collant thai…

 

Anders, mon hôte canadien

Anders, mon hôte canadien

Puis, les jours continuent, dans la campagne thaïlandaise. Les champs de riz se succèdent aux champs de cannes à sucre, le ciel se couvrent pour laisser la place à de violents orages en fin d’après-midi, voire de très grosses averses pendant la nuit. J’arrive à coincer mon vélo dans la boue : j’ai enfin compris ce que signifiait le nom “garde-boue” d’un vélo ! (ça garde la boue entre la roue et le garde-boue, et ça empêche la roue de tourner !) ; mais le même soir, toujours en demandant où dormir, je m’arrête devant la maison d’Anders, un canadien marié à une Thaï, à qui je demande ma route. Quelques secondes plus tard, me voilà chez lui, à trinquer à mon voyage avec une bière. Quelques heures et quelques bières plus tard, il me propose de dormir sur le canapé : il fait déjà nuit, et son canapé à l’air très bien, c’est parfait ! Le lendemain, j’en profite pour décrasser mon vélo de la veille, il en avait bien besoin !

Wat Phu Khao Thong à Ayutthaya

Wat Phu Khao Thong à Ayutthaya

Finalement, quelques jours et centaines de kilomètres plus tard, après une longue journée à cuire sous le soleil, sans avoir eu assez d’eau, j’arrive à Ayuttahya, au nord de Bangkok, où je compte faire une petite pause pour aller visiter. Me voilà, “enfin”, en compagnie d’étrangers, mais la course de la veille et le peu d’eau que j’ai bu par rapport à la journée rendent ma visite de la ville laborieuse… J’en profite quand même un peu, j’ai vu des éléphants, des temples, et j’ai bien mangé surtout : un arrêt à l’improviste pour manger quelques brochettes de poulet dans un restaurant se transforme en fait en gros gros déjeuner, et ça, ça fait du bien…

La mer !

La mer !

Puis, c’est le départ déjà, direction la mer, qui n’est plus très loin. Après un peu d’aide le premier soir pour trouver où dormir, me voilà enfin de plus en plus près de la mer, sans vraiment l’atteindre. J’arrive à Samut Songkhram vers 17h le soir, et je pensais que c’était juste à coté de la mer, mais il faut faire encore une petite dizaine de kilomètres pour y arriver… Finalement, je m’y lance, en profite une dizaine de minutes, puis la pluie arrive, et me revoilà déjà de retour vers la ville. J’ai repéré sur la carte un groupement de guest-house et hôtels dans le nord de la ville, mais en arrivant, la nuit est quasi tombée, et je ne trouve rien d’ouvert, ou alors tout est “cher”, presque le triple de ce que j’ai payé jusqu’à présent. Après une heure à tourner en rond, je demande dans un restaurant qui me redirige vers un homestay à “seulement” 500 Baht la nuit… Le meilleur deal de la soirée, et les proprios étaient des gens très sympas également.

Temple Thaïlandais

Temple Thaïlandais

Le lendemain, je prends la route vers le sud, le vrai, cette fois, le long de la péninsule. La mer n’est pas toute proche, mais pas loin quand même (quelques kilomètres seulement). Les rizières ont disparues depuis quelques jours, et c’est au tour des marais salants et des parcs à crevettes de se succéder maintenant. Depuis que j’ai quitté Ayuttahaya, le temps est bien plus couvert qu’avant, il y a du vent, et il fait bien meilleur, c’est presque vraiment agréable (sauf que le vent est de face x_x ) En fin d’après-midi, je m’arrête pour prendre un jus de fruit au bord de la route dans un petit village. Je demande finalement si il n’y a pas quelque chose pour dormir dans le coin, et après quelques coups de fils et minutes d’attente, une jeune fille de 16/17 ans arrive, parlant un anglais impeccable, avec un accent … d’Oxford, puisque c’est là qu’elle fait ses études… Après lui avoir expliqué ce que je voulais faire, elle me dit que dans le coin c’est probablement tout assez cher pour dormir, puis, quelques instants plus tard, ça soeur qui l’avait appelée au téléphone me propose de passer la nuit chez elle. Bon, du coup j’accepte, je gare mon vélo dans leur maison, on part au marché acheter des bonnes choses à manger, et avant que le soleil se couche, le mari de la soeur de la copine de la fille (c’est un peu compliqué) m’emmène faire un tour en moto sur la plage pour aller voir des oiseaux, même si on n’a pas vu grand chose… Une famille très gentille que j’ai rencontré là.

Des plages vides, c'est possible !

Des plages vides, c’est possible !

Levé très tôt le lendemain matin, après m’être conjuré en remerciement pour m’avoir aidé la veille, je continue la route vers le sud, quelques villes balnéaires, quelques villages très calme, les montagnes qui réapparaissent au loin, et des endroits où il n’y a personne. Mes 2 premières semaines en Thaïlande m’auront réconcilié avec le pays…


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