Au sud, vers la Malaisie !

En bord de mer

En bord de mer

Après quelques jours de repos à Prachuap Khiri Khan, à manger des bons poissons grillés au restaurant, j’ai pris la route en direction de Chumphon et du sud de la Thaïlande !

Le temps devient de plus en plus hasardeux : le jour où je suis arrivé à Chumphon, la journée à commencer avec un grand soleil, pas un nuage, très chaud, et un beau ciel bleu. Mais vers midi, les cumulus ont commencé à apparaître ; un couple anglais/thaï rencontré pendant ma pause déjeuner m’avertis qu’ils se sont pris un orage de fou une demi-heure plus au nord (d’où je viens), et effectivement, après mon départ, il faut que je me mette vite à l’abri et c’est le déluge. Vu que ça n’avait pas l’air de vraiment s’arrêter, il a fallu que je ressorte ma cape de pluie ! Je suis arrivé à Chumphon complètement trempé 🙁 Du coup, je me suis payé un gros restaurant avec hot-pot et buffet à volonté avec un français rencontré dans ma guest-house.

Birmanie à 100 mètres !

Birmanie à 100 mètres !

Puis, direction l’autre coté de la Thaïlande, et je prends la route de l’ouest : je dois retrouver Trevor, que j’avais rencontré en Corée du sud, qui est de passage dans le coin, et qui m’attend à Krabi. Et mon visa commence à s’épuiser dangereusement, il va falloir que je mette la gomme ! En début d’après-midi, elle s’approche vraiment très très près de la Birmanie, pour finalement arriver au point où la Birmanie n’est qu’à une centaine de mètre de la route, juste de l’autre coté de la rivière… Pas grand monde de ce coté, la végétation est dense, si ce n’est pas un marécage… Si près, et pourtant, si loin ! Le temps se remet à l’orage, et en voulant prendre “un raccourci” plus sympa que la route principale, je tombe à la fois sur une des côtes les plus difficiles que j’ai pu faire pendant mon voyage (pas longue, mais j’ai du m’arrêter en plein milieu, et j’ai bien cru que j’allais pousser le vélo !) puis sur l’orage en question et j’arrive à Ranong, sous la pluie… En m’arrêtant devant un café pour regarder ma carte, le gars du café m’appelle et me fait comprendre que lui aussi fait du vélo (il avait 4 ou 5 vélos plutôt pas mal dans son arrière boutique !), me paie le café, et appelle des amis à lui pour m’aider à trouver un endroit où dormir. Vu l’état dans lequel j’étais, c’était plutôt cool !

Auto-stoppeurs Thai

Auto-stoppeurs Thai

Le lendemain, je continue vers Khura Buri, et j’ai bien moins la pêche que le jour d’avant. J’ai pas trop d’eau et je rate plusieurs occasions pour manger, et vers 13h, je suis dans un endroit où il n’y a pas de restaurants, et toujours rien à l’horizon. Le moral n’est pas très haut, et mon vélo grince beaucoup, ce qui n’arrange rien. Vers 13h30, je passe un barrage de police, je m’arrête juste devant pour boire un coup et filer un coup d’huile sur ma chaîne. Les policiers viennent me voir pour savoir ce que je fais dans le coin. Quand je leur explique que je vais jusqu’à Singapour, et que vraiment, il faut que je trouve un truc à manger, il me propose à boire, quelques fruits, une des deux chaises sous le parasol, et de m’arrêter pour faire une pause. Je repars une grosse demi-heure plus tard, mes gourdes pleines, un sac plein de fruits bizarres, l’assurance que je trouverais un restaurant dans moins de 10 kilomètres, et pleins de “bons courages” pour la suite. Ça aide un peu. En milieu d’après-midi, le ventre un peu plus rassasié, je passe deux jeunes thaï en train de faire du stop au bord de la route, sac-à-dos sur le dos. Pas courant. On se retrouve quelques minutes plus tard sous un abri bus, pour attendre que la pluie s’arrête et ils me disent qu’ils viennent de Chang Mai, au nord, et vont vers le sud de la Thaïlande chercher du travail. Ils passent la plupart de leur nuit à dormir dans des abris bus… Une demi-heure plus tard, ils repartent, je le suis de quelques minutes … et ça se remet à pleuvoir encore plus fort, j’ai juste le temps de me mettre à l’abri dans un garage. Du coup, j’en profite pour laver mon vélo cette fois. Ça s’arrête finalement, mais pour reprendre plus ou moins fort une vingtaine de minutes plus tard, et c’est sous une pluie battante que j’arrive à Khura Buri, trempe, trempé, trempé… Pas trop motivé pour aller chercher à manger le soir, mais j’ai vraiment trop faim !

Belle endormie vers Krabi

Belle endormie vers Krabi

Puis, direction Phang Nga, et rien de bien exceptionnel sur la route, à part en arrivant, où les montagnes deviennent vraiment, vraiment chouettes. Les photos n’y font pas trop hommage malheureusement. Au départ de Phang Nga, j’essaie d’éviter des trous dans la route, mais c’était soit les trous, soit le pick-up qui arrivait à fond derrière moi, et je tape assez fort dans un des trous. Le résultat ne se fait pas attendre : quelques minutes plus tard, mon pneu arrière est complètement vide 🙁 Bon, réparage rapide au bord de la route. Sur la route de Krabi, les montagnes s’enchaînent, pas très hautes, mais toutes droites, et la route passe aux pieds : cette région de la Thaïlande vaut vraiment son coup d’œil en fait. Malgré que je suis dans une zone (très, très) touristique, je ne croise pas beaucoup de touristes, et les gens dans la campagne restent toujours aussi gentils, finalement. Plusieurs iront même à m’offrir des fruits ou des boissons pour la route…

Trevor à Krabi

Trevor à Krabi

Finalement, j’arrive à Krabi, et retrouve Trevor ! On mange bien, trinque plusieurs bières pour l’occasion. J’en profite pour prendre un dernier (je croyais) jour de repos avant de repartir et deux jours plus tard, Trevor me dit au revoir et je suis son départ d’une bonne demi-heure, direction l’est de la Thaïlande cette fois. Je pense passer la frontière de ce coté là, malgré les problèmes qu’il semble y avoir dans la région. Un gars rencontré dans le nord de la Thaïlande m’avait dit “Patthani, Yala, not good, every day, boom!”. Une dizaine de minutes plus tard, le feuilleton à la télé s’arrête de manière dramatique avec la petite amie du héros policier qu’on aperçoit ligoté au fond d’un parking sous-terrain, des bâtons de dynamites accrochés autour du corps, et le gars me dit en rigolant : “Same same Patthani : boum!”. Bon. J’ai décidé d’aller voir quand même, mais à mi-chemin de ma première étape, au beau milieu de nul part, entre des plantations de palmiers et d’hévéa,la pièce qui relie mon dérailleur au cadre du vélo casse 🙁

La poisse

La poisse

Pas cool, du tout. Après maintes réflexions, pas mal de jurons et compagnie, je démonte le tout, enlève quelques maillons sur la chaîne pour transformer mon vélo en mode “simple vitesse”. C’est pas terrible du tout, mais ça me permettra de rouler un petit peu et de revenir sur la route. Quelques minutes de stop, un réparateur de moto qui me dit qu’il peut rien faire, une petite heure de bus, et me revoilà à Krabi. Je ne trouve pas de boutique qui vendent ma pièce, mais le lendemain, en revenant, je tombe sur quelqu’un d’un peu plus compétent qui me commande ça depuis Bangkok. Peut-être arrivée le lendemain, probablement dans une ou deux jours. Du coup, j’en profite pour dormir, analyser les options de trajets qu’il va falloir que je choisisse. Finalement, 3 jours plus tard, mon vélo réparé, je repars, cette fois je reste sur la côte ouest, j’ai pas le temps d’aller de l’autre côté du coup, et je mets la gomme pour atteindre la Malaisie. Le 26 juillet, je pars manger dans le marché de la ville où je me suis arrêté pour ma dernière étape en Thaïlande : comme quasiment de partout depuis que j’ai dépassé Chumphon, le sud de la Thaïlande a une population très musulmane, et c’est bientôt la fin du ramadan. Le marché grouille de personnes et de pleins de bonnes choses, je m’en mets plein la panse pour quelques euros… Mais impossible de trouver de la bière, même dans le 7/11 du coin ! Décidément…

Eric & Amaya : 8 ans de vélo

Eric & Amaya : 8 ans de vélo

Le 27 juillet, dernier jour de mon visa thaïlandais, je passe finalement la frontière et me voilà en Malaisie ! Je me suis encore débrouillé pour ne pas avoir d’eau avec moi, sans petit-déjeuner, et de “l’autre coté”, pas d’ATM à première vue pour retirer de l’argent, au moins jusqu’à la première ville … à 40km… Après une montée un peu inattendue, d’autant plus difficile dans ces conditions, la route est pas trop mal. Et alors que je commençais à fléchir un peu, je croise sur la route Éric et Amaya, sur la route depuis 8 ans ! Ils ont un peu d’eau à me donner, eux, du coup, ça me sauve le moral. On discute une petite demi-heure, prend quelques photos, change le reste d’argent thaïlandais que j’avais contre les quelques ringgits malais qu’ils ont, car ils doivent aller en Thaïlande ce jour même…

Finalement, après une petite heure à pédaler, j’arrive à Kangar, où pas mal de trucs sont fermés, ramadan oblige. Je trouve quand même un ATM, saute dans le premier restaurant ouvert que je trouve (un KFC, pour l’occasion -_- ), et en profite pour faire une pause bien méritée. Finalement, en fin de journée, j’arrive à Alor Star, 40 kilomètres plus bas, et j’ai beau cherché quelque part où dormir, tout semble complètement plein. En demandant des informations dans un café au bord de la route, un des cuisiniers me proposent de rester dormir dans une chambre au dessus du café, pas forcément reluisant m’avertit-il, mais si je trouve rien d’autres, je suis le bienvenue…

Rencontres en Malaisie !

Rencontres en Malaisie !

Du coup, une heure plus tard, me revoilà au café, où je fais plus ample connaissance avec Qairul (qui m’héberge), et me fait inviter le lendemain dans sa famille musulmane (qui tient le café/restaurant) pour l’Aidil Fitri, la fin du ramadan. On mange bien, fait le tour de ces amis dans la ville, j’essaie de rafraîchir mon malais/indonésien, difficilement. On veille tard (il a l’habitude, le restaurant ouvre de 17h à 3/4h du matin, j’ai du mal…) et finalement, je reste 3 nuits à dormir là-bas. On passe la dernière soirée avec ces amis dans leur ancien lycée pour la fête de fin d’année, avec les anciens … et le roi de Malaisie qui habite à quelques kilomètres du coin, petit-fils de celui qui a créé le lycée !

En route pour Penang

En route pour Penang

Le 29 juillet, je pars tôt de chez eux, sans avoir été une fois de plus invité par la mère et la sœur de Qairul à prendre le petit déjeuner avec tout ces bons plats qu’elles ont préparer ces derniers jours… Le ventre archi plein, je continue vers le sud, direction Penang et Georgetown où j’arrive en bateau !


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