Et pour quelques kilomètres de plus…

Ancien canal de la Marne au Rhin

Ancien canal de la Marne au Rhin

Faire du vélo en solo pendant 5 mois, ça laisse pas mal de temps pour réfléchir à tout un tas de trucs. Sachant que j’allais rentrer d’ici la fin de l’été, je me suis dis que ça serait bien que je profites du beau temps restant en France (!) pour aller revoir des gens que j’avais pas vu depuis longtemps, et que, puisque j’avais le temps, autant le faire … en vélo ! Une idée de génie, ma foi !

Et donc, le 8 septembre, tout juste après être rentré une dizaine de jours en France, je ressors mon vélo et me relance sur les routes, européennes, cette fois. Le plan : direction l’Allemagne par la Suisse, puis Paris, puis redescendre vers Grenoble !

Logistiquement, j’avais pensé depuis plusieurs semaines à faire les choses différemment de ce que j’avais fais en Asie, notamment au niveau du budget où je me privais pas vraiment en Asie et où j’avais dormi quasiment la plupart du temps dans des hôtels (plus ou moins cher) et sans me poser trop de questions pour la nourriture… Même si je pensais que je trouverais facilement à manger sur la route (on mange aussi en Europe !), pas trop question d’aller à l’hôtel cette fois, ça va vraiment coûter trop cher. En fait, une nuit en tente en camping en Europe coûte à peu près le même prix qu’une nuit à l’hôtel en Asie, donc tente ce sera. Avant de partir, j’ai donc récupéré quelques affaires de camping à mon ancienne coloc à Grenoble, racheté 2 sacs pour mettre à l’avant du vélo, diminué considérablement la quantité de trucs que j’avais durant mon précédant voyage (même si j’ai rajouté d’autres trucs à la place ! =). Avant de partir, j’ai fais un tracé rapide avec Google Maps pour voir où j’allais passé, et j’ai contacté quelques personnes sur le chemin sur WarmShowers pour savoir si je pouvais être hébergé et lundi au petit matin, je pars en direction de la Suisse !

Bon, je m’y attendais un peu, mais c’est quand même un peu différent entre ici et l’Asie. Ne serait-ce que la température entre le mois d’août en Malaisie (ou le mois de juin dans le sud de la Chine, c’est à peu près pareil) et un début septembre un peu timide en France… J’ai déjà besoin de boire beauuucccouup moins d’eau chaque jour…

Premier col o/

Premier col o/

Sur la route, j’ai rencontré pas mal de cyclistes. OK, disons vraiment beaucoup de cyclistes en fait. Alors que pendant les quelques mois de vélo en Asie j’aurais pu compter sur les doigts des mains le nombre de personne voyageant à vélo pendant plus de quelques jours, (OK, après réflexion intense, il m’aurait fallu peut-être une deuxième paire de mains, mais bon), en seulement quelques heures avant d’arriver en Suisse, et encore plus entre Génève et Strasbourg, j’ai rencontré des vélos, et des vélos, et des vélos. En rentrant en France fin août, sur les derniers kilomètres me séparant de la maison, je m’étais fais la réflexion qu’en un jour en Europe on pouvait voir 500 vélos et quelques motos/scooters ; en Asie, c’est plutôt 500 motos/scooters et quelques vélos (ça change un peu dans les villes). Il faut dire que les installations ici sont là pour ça aussi : grande piste cyclable entre Albertville (disons Ugine) vers Annecy ; puis la Suisse est cadrillée avec des panneaux et des indications dans tout les sens ; on trouve aussi les Eurovélo route avec tout les voies sur berge le long des canaux dans l’est de la France… Et ça, ce n’était que sur les quelques premiers jours de mon voyage… Au bout d’un moment, on se retrouve presque frustré de ne plus être sur une piste cyclable et à se plaindre “mais qu’est-ce que c’est cette route de merde !! Ils pourraient pas mettre une piste ici ?!!” alors que bon…

En partant le lundi 8 au petit matin, j’avais prévu d’arriver à Karlsruhe en Allemagne, à quelques 600 kilomètres de là, le vendredi soir pour pouvoir passer le week-end chez et avec Guillaume et Nadège. La dernière fois qu’on s’était vu c’était juste avant mon départ de Paris, fin décembre 2010 ! Un rapide calcul me donnait 120 kilomètres par jour, ça paraissait pas complètement déraisonnable avec l’expérience que j’ai eu les mois d’avant. Évidemment, j’ai pas pu m’empêcher de faire un peu plus chaque jour, surtout que j’avais prévu mes arrêts en fonction de cette distance, et qu’en arrondissant légèrement, je suis monté facilement à plus de 140 kilomètres pour certains jours… C’était pas forcément très malin, ça fait des (très) grosses journées, j’arrivais tard le soir chez les gens qui m’hébergaient et ça stresse un peu au final ; mais le dernier jour, vendredi avant d’arriver à Karlsruhe, je me suis réveillé avec le son de la pluie dehors et ça a été une averse constante toute la journée, pas forcément énormément de pluie, mais à vélo ça mouille vite et j’avais un léger vent de face qui n’arrangait rien ! Pour le coup, j’étais content d’avoir avalé plus de kilomètres les jours d’avant pour n’avoir qu’à faire 80 kilomètres avant l’arrivée …

Lac d'Annecy

Lac d’Annecy

Par contre, j’ai réussi à me casser deux fois la figure pendant ce mois (contre 1 fois en Asie) et à me faire quelques écorchures sur les jambes et les mains. La première fois, c’était juste avant de passer en Allemagne : en arrivant au bord du Rhin, je me suis retrouvé juste sous le gros pont qui traverse de l’autre coté … mais pas de rampe d’accès d’où j’étais, et c’était un sacré pont qui était au dessus de ma tête. Je suis arrivé à un carrefour, sans trop de panneau pour indiquer quoi que se soit et au dernier moment, j’ai voulu prendre la route qui repartait en direction opposé au Rhin : demi-tour serré avec un vélo un peu chargé, des freins un peu fatigué, sur une route mouillée et dans les graviers poisseux d’huile dû au passage de voitures dans le coin, c’était une recette assurée pour se retrouver par terre. Deux gars qui marchaient une bonne cinquantaine de mètres devant moi mon entendu tomber, se sont retournés pour voir ce qui se passait et se sont bien marrés avant de continuer leur route… Bon, rien de méchant, le genou abîmé, une main écorchée, et un bout de pied aussi, à travers la sandale (eh ?).
Quelques semaines plus tard, alors que je venais enfin de perdre la belle croûte qui me recouvrait le genou, je m’engage au petit matin sur une piste cyclable au sud de Montargis et visiblement, celle-ci n’a pas été entretenu depuis belle lurette : le recouvrement est très fatigué, plein de trous et les herbes poussent dans tout les sens. J’arrive à un petit pont en bois au dessus d’un espèce de ruisseau et un poteau d’une trentaine de centimètres sépare les deux voies de vélo juste devant le pont. Alors que je m’engage, je regarde la forêt vierge de l’autre côté où le chemin est à peine visible entre ce qui semble être des orties sur la droite et d’autres trucs sur la gauche, avec un passage d’une soixantaine de centimètres au milieu qui est à peu près dégagé et je me dis : “Il va falloir y aller doucement et bien rouler si je veux pas m’en foutre de partout”. Je sors juste du pont et m’apprête à m’engager là dedans quand BAM, je me retrouve par terre.. J’ai la présence d’esprit de rouler sur moi-même (what ?) mais j’atterris quand même dans les ronces et les orties, que j’avais bien décidé d’éviter. Je me relève en me demandant bien ce qui s’est passé : est-ce que j’ai touché la barrière sur le côté ?! En fait non, il y avait un autre poteau de 30 centimètres qui gardait lui l’autre côté du pont… Comment je hais, avec haine, ces saletés de poteaux au ras le sol. Surtout que celui-là était bien planqué entre les herbes un peu sèches qui poussaient le long du sol et la couleur marron-beige claire du bois tout aussi sec… Résultat : un beau bobo sur le genoux, exactement au même endroit que celui de la dernière fois (je dois avoir un bout du genou qui dépasse ici il faut croire !) et un peu plus embêtant, une belle petite coupure dans le creux de la main gauche, pile là où elle appuie sur le guidon… Vive les pansements !

Daniel, mon hôte à Nancy

Daniel, mon hôte à Nancy

Plusieurs personnes sur la route m’ont demandé des informations sur l’Asie et souvent elles parlaient des questions de sécurité ou d’accueil. Au début, cela m’étonnait un peu, car sur tout ce temps passé là bas, je me suis senti bien plus en sécurité et apprécié/accueilli que ce que j’ai pu avoir en Europe, mais après réflexion, j’avais en fait la même vision des choses avant que je ne partes à l’étranger il y a 3 ans et demi. L’inconnu fait peur, ça c’est sûr. (Surtout des gens à la couleur de peau bizarre et aux yeux bridés, quelle horreur !)


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