Du train en Chine

Le 21 avril, je prends le train à Xi’an direction Luoyang. Je suis dans la classe “hard-seat”, c’est la classe la moins chère des trains Chinois : 2 sièges d’un coté de la rangée centrale, 3 sièges de l’autre coté. Les sièges sont à ma surprise relativement confortable, même si ils sont complètement fixes. Quand j’arrive dans le wagon, tout les regards se posent sur moi, je dois être le seul étranger à 5 wagons à la ronde au moins. J’ai une place numérotée et mes voinsins de voyages n’arrêteront pas de discuter sur moi pendant une vingtaine de minutes au début du voyage.

Le train chinois, c’est assez rigolo, les gens font un peu leur vie ici. Au fond du wagon, on trouve un distributeur gratuit d’eau bouillante qui n’arrête pas de tourner, les tables sont remplies de nourriture, mais il n’y a pas de poubelles, c’est le sol qui fait office de poubelle. Les gens ici raffolent des graines à décortiquer (style graines de tournesol), du coup, le sol est un triste champ de bataille entre les os de poulets, les cadavres de graines, les emballages, et un tas d’autres trucs dont on a pas trop envie de savoir en fait. Regulièrement, un employé du train passe avec un espèce de balai, nettoie grossièrement sous les sièges et pousse le tout au bout du wagon, où ça doit disparaître je ne sais où. Regulièrement aussi, des vendeurs passent dans le couloir pour vendre des trucs et des machins : outre les traditionnels chariot de nourriture/boissons comme on peut voir dans les avions, on trouve aussi des chariots avec des fruits sous emballages, et aussi des vendeurs qui vendent des détecteurs de mensonges (j’imagine ?), des brosses à dents et du dentifrice, des mirroirs inrayables et incassables, ou bien des trucs qui tournent en faisant du bruit et de la lumière pour les enfants. Généralement, le vendeur essaie de divertir le wagon à force de voix et de démonstration pour vendre ses produits, et il s’en sort pas trop mal (ya toujours des gens pour acheter ce genre de trucs).

À part tout ça et le fait que j’ai visiblement pas une tête de chinois, les gens sont plutôt sympathigues (ils avaient pas l’air de dire des choses méchantes sur moi en tout cas) et on l’air assez curieux de moi. Au bout de quelques heures, je me décide finalement à me lancer. Je sors mon super livre de phrases Français > Chinois, et je demande dans un chinois impécable si ils peuvent me dire quand on arrive à Luoyang, parce que j’en ai aucune idée et il faut s’accrocher pour le lire sur les quais quand le train arrive en gare (c’est écrit en chinois et en piynyin mais le train fait vingt wagons au moins et il faut tomber devant le bon panneau sur le quai). Et là, c’est la fête, les gens veulent voir mon livre, on me demande si je suis américain (j’ai compris comment on dit “français”, ça me servira pour la suite), même la petite fille des gens d’à coté se décide timidement à me donner le bouchon de bouteille en plastique avec lequel elle jouait. On me fait voir un journal en chinois avec les heures d’arrêt du train dans chacune des villes et on me fait comprendre que c’est pas la peine que je bouge tant qu’on me l’aura pas dit.

Au moment de partir, un gars me branche et me parle en chinois, et je distingue “fa-gouo” (“français”), “Lybia”, et deux-trois mots anglais comme “war” et “bomb”, avec un ton et un regard (que j’ai ressenti) teintés de reproche. Dans un frenglishinois parfait, je lui dis que j’en sais rien (toutes façons, j’ai pas compris ce qu’il voulait me dire, donc j’en sais vraiment rien), et que je suis pas en train de faire la guerre. Visiblement, j’ai aussi du mal à me faire comprendre, et la conversation s’arrête là, mais c’est un sujet qui à l’air assez sensible ici… Merci l’actualité !

Pas trop de photos de tout ça malheureusement, j’essaierais d’en prendre la prochaine fois.

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