Luoyang

Jeudi 21 avril, j’arrive tant bien que mal à l’auberge que j’avais réservé, elle avait beau être près de la gare, un concurrent a essayé de me persuader qu’elle avait fermé… Une heure après être arrivé, Eva débarque dans le dortoir : c’est une chinoise de Chengdu qui vient passer le week-end à Luoyang, après 21h de train (!). Elle a apparemment bien prévu son programme et me propose de me joindre à elle. Vu que j’avais que les grandes lignes de ce que je voulais faire, ça tombe plutôt bien.

En début de soirée, je pars retrouver Hatti, une couchsurfeuse de la ville. Elle vient me chercher avec une amie en voiture devant la gare, et après s’être arrêté pour acheter des damplings au bord de la route, on part pique-niquer à 21h au bord d’une grande (très grande) fontaine dans le sud de la ville. Je découvre au passage que le nord de la ville est la partie “vieille” et qu’au sud de la rivière qui sépare la ville en deux, c’est tout neuf d’il y a une dizaine d’années, et ça se voit de loin au lumières et aux bâtiments du coin. Dommage, j’avais laissé mon appareil photo dans ma chambre se soir… Hatti est technicienne chez un des opérateurs de réseau mobile en Chine et elle est “de garde” se soir. Elle me montre le bureau où elle doit passer la nuit (ue grande pièce avec un lit, télé, et un bureau avec un téléphone dessus), garde qui consiste à répondre si jamais quelqu’un appelle, ce qui n’est apparemment jamais arrivé depuis qu’ils ont mis en place ce service. Du coup, elle se sent vraiment épanoui dans son travail. (mais apparemment, elle fait en supplément, mais j’ai pas trop compris pourquoi elle faisait ça, mais bon.) La soirée passe vite, Luoyang n’est qu’une petite ville de 8 millions d’habitants, et la traverser du nord au sud prend déjà pas mal de temps.

Grottes de Longmen

Le lendemain, debout à 6h pour aller au “Longmen National Park” avec Eva, on doit être rejoins par trois autre chinois qui sont à l’auberge. Après un déjeuner nouilles + soupe + morceaux de boeuf + épices à 6h20 ( x_X ), on attend finalement un bon bout de temps que les autres débarquent, et on arrive au parc vers 8h15 – c’était bien suffisant, parce qu’il y a déjà pas mal de monde. Eva est diplômée en histoire de la Chine Ancienne, du coup, j’ai droit à mon guide particulier. Le site est assez impressionnant, surtout au petit matin avec la brume qui commençait à peine à se disperser au dessus du lac. Sur toute la façade le long du lac, on trouve des statues de Bouddha ou autres personnages de la religion, allant du gros (oui le gros) Bouddha d’une dizaine de mètres de haut au tout petit de quelques centimètres, tous tailler dans la pierre. La plupart n’ont plus de visages, qui ont été arrachés à coups de burins lors des différents envahissements de la Chine. De l’autre coté de la rive, la falaise taillée est beaucoup moins impressionnante, mais ça ne date pas de la même période si ma mémoire est bonne. On trouve aussi un très joli temple sur le flanc de la colline qui fait face aux statues de l’autre coté de la rivière. En arrivant ici vers 10h30 et en voyant le flux de touriste où on était quelques heures auparavant, on se dit qu’on a bien fait de partir tôt…

 

Après avoir tourné un peu pour trouver un repas (les trois autres gars avec qui on était avait l’air de chercher quelque chose de précis), on part ensuite en direction de Baima Temple, le premier temple Bouddhiste de Chine. Une bonne heure de bus et malgré la route défoncée, j’arrive à dormir contre la vitre (je devais être vraiment fatigué…)

Le soir, on part en direction de la “Dirty Street”, une rue remplie de restaurant qui servent des snacks à emporter. J’en avais déjà vu à Beijing et dans une moindre mesure à Xi’an. La, c’est la folie pour le touriste : outre les classiques brochettes de veau, porc, boeuf, calamars et les ananas fraîchement découpées, on trouve aussi coléoptères, vers à soie, crevettes rouge foncées, des stands de chips type “tuile” (?!), des escargots et bigorneaux, des couteaux (coquillages – ils étaient plus petit, peut-être huit centimètres de long). Comme on vient juste de manger un copieux repas au restaurant, j’avoue que je me laisse pas trop tenter par les coléoptères, peut-être un autre jour… En rentrant, Eva change de chambre pour un dortoir plus grand et moins cher, je trouve de nouvelles personnes dans ma chambre dont une chinoise de 21 ans de Beijng qui voyage en Chine pour une douzaine de jours, et qui nous rejoindra le lendemain.

Et donc, le lendemain, re-debout à 6h30 pour aller voir le festival des “Peonys” (aucun rapport avec des poneys), une fleur qui vient du coin et donc c’est la fête pendant un mois et demi au moment de la floraison. À priori, ça rempli tout les hôtels et auberges du coin et des gens viennent du bout de la Chine pour les voir (c’est le cas d’Eva en fait). Je connais pas le nom français, mais ça sent fortement la rose, même si la fleur est beaucoup plus voluptueuse et la tige rien à voir. On arrive tôt, mais c’est un samedi et il y a déjà beaucoup de monde à l’entrée du parc. Au final, c’était bien mais un peu décevant : beaucoup de fleurs l’entrée, pas grand chose au milieu, et une grosse serre vers la fin avec toutes les différentes couleurs rassemblées et organisées en carré pour que les gens puissent circuler. Mais bon, ça sent bon, j’aime bien les couleurs, et le parc en lui-même est assez bien organisé. Dans l’après-midi, direction le musée de Luoyang, tout nouveau (ouvert sept jours plus tôt), au design … particulier (très égyptien). Je fais le tour du musée avec quelques explications d’Eva, mais je commence à accuser la fatigue et j’avoue que ça m’intéressait moyennement là.

Le soir, je rencontre à l’auberge une allemande, une tchèque et un biélorussien qui sont arrivés la veille. On mange tous ensemble et Alexandra, l’allemande qui est en Chine depuis deux mois, me dit qu’elle part lundi pour grimper au sommet de Huashan, une des cinq montagnes sacrées, et du coup, je lui propose de faire la montée ensemble. Je devais partir le lendemain, mais finalement, je reste un jour de plus (et je change aussi de dortoir pour celui moins cher tant qu’à faire). Du coup, dimanche, j’avais pas prévu grand chose. Je commence à organiser mes photos et à écrire un peu, et je reçois dans la matinée un coup de fil de Louis, le Québécois que j’avais rencontré à Xi’an qui veut des infos sur Beijing, et de Hatti avec qui je pars finalement pique-niquer dans un parc, avec des amies chinoises à elle et une de leur fille. Une amie américaine qui travaille à Luoyang nous rejoins un peu plus tard et on passe l’après-midi à jouer aux cartes au bord de l’eau.

Les chinois ont l’habitude de prendre un prénom occidental, en plus de leur nom/prénom chinois, et finalement, les étrangers ne connaissent que leur prénom occidental car à moins de le demander explicitement (et de le retenir), ils nous donnent par défaut leur nom occidental. J’ai pas trop compris pourquoi encore, j’ai eu des explications diverses et variées, mais rien de bien clair. Je pense que c’est principalement pour faciliter la communication avec les étrangers qui ont du mal avec les sonorités et l’ordre du nom ici : pour quelqu’un qui s’appelle “Liu Peng”, “Liu” est son nom de famille et “Peng” son prénom. Chacun choisi son prénom occidental, et pour l’instant, j’ai eu droit à : Jennifer, William, Holly, Cherry, Sunny, Linda, Daisy, Eva, Marv et Hatti (dans le désordre). Du coup, cet après-midi, une des copines de Hatti se cherchait un prénom occidental, et je me suis dis que moi aussi je pourrais avoir un prénom Chinois ; après tout, ils sont pas les seuls à pouvoir s’amuser. Du coup, me voilà rebaptiser dans ce pays Lǐ Xiǎolóng (李小龙). C’est tout d’un coup beaucoup moins difficile que Jonathan…

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