La vie à Gucheungam

Hwaeomsa

Voilà un peu plus de deux semaines que je suis à wwoofer à Gucheungam, et il est bientôt temps de partir. Je suis arrivé à Gurye sous la pluie, des trombes d’eau, l’occasion de tester ma cape de pluie. À la gare routière, une guide touristique, Younsook, envoyée par le temple vint me chercher et m’emmène dans la montagne jusqu’au temple. Pendant le trajet, j’apprends qu’il n’y a en fait personne qui parle anglais là bas, mais qu’elle sera là pour m’aider… sauf qu’elle n’habite bien évidemment pas au temple, et qu’elle a autre chose à faire dans sa vie aussi (elle travaille quoi).

Après l'anniversaire de Bouddha

En arrivant au temple, il pleut encore plus, on quitte la route pour prendre un espèce de chemin en terre boueux, avec des portions en béton, dont la pente est très très accentuée, j’ai peur que la voiture glisse, mais ça tient le coup. À l’arrivée à l’hermitage de Gucheungam, le temps de poser mes affaires dans un coin et on a déjà le droit au thé, servi par Jaseongsim, qu’on me dit d’appeler Bosal, qui est la gérante (économique) de l’hermitage. Très vite, Deok-Jae, le moine (Sunim) avec qui je vais travailler arrive, et Younsook fait la traduction.

Après avoir posé mes affaires dans ma chambre et récupérer un parapluie, on redescend vers Hwaeomsa où je vais passer la nuit pour pouvoir assister à la cérémonie de la prière du soir vers 18h30 et du matin, vers 3h30 (x_x), avec l’appel au tambour (du même genre qu’à Beijing) et cloche. En bas, j’ai droit à une nouvelle chambre pour la nuit. On va reboire du thé avec un autre Sunim et un Coréenne qui travaille en Australie qui m’accompagnera pendant les quelques jours où elle restera au temple.

Cloche à Hwaeomsa

Le soir, j’ai donc droit à la cérémonie, avec tout d’abord l’appel au tambour fait par plusieurs moines (qui n’ont pas trop le sens du rythme à mon goût), puis la cloche en bois en forme de poisson (pour appeler les esprits de l’eau), puis une petite cloche très aiguë (pour les esprits de l’air) et enfin la grosse cloche, genre cloche d’église de plusieurs mètres de haut. Les gens se dirigent ensuite vers le temple pour prier. Et rebelotte à 3h30 le lendemain matin, quoi que la prière sera plus longue.

Temple aux milles bouddha

Le lendemain, après m’être recouché, on remonte vers Gucheungam, où j’attends fébrilement de pouvoir commencer à faire du thé, mais le temps est toujours aussi pourri, donc on s’occupe à remballer des trucs sortis pour la fête de la naissance de Bouddha qui avait lieu deux jours plus tôt. Sunim me demande ensuite de venir l’aider à finir les séchoirs à thé, et j’ai droit à une séance de pré-perçage (où j’ai réussi à péter deux mèches à bois !) puis une séance de ponçage des pieds des séchoirs. Dès le lendemain, j’ai droit au travail du thé, ça arrive par wagon (où presque) et l’équipe ne chaume pas pour faire du Nogcha (voir mon billet précédent).

Plusieurs fois pendant le séjour, des gens viennent nous aider. Hwaeomsa est très connu et très réputé en Corée, et beaucoup de personnes viennent en temple stay pour quelques jours ici, et aident à faire le thé. J’ai croisé, en vrac, une prof de yoga, une styliste de haute couture coréenne, un directeur de mode français, un groupe d’américain en circuit-découverte du thé en Corée, un étudiante coréenne en relations internationales, un wwoofer allemand wwoofant pas très loin, et pleins d’autres gens aussi.

Cérémonie du thé par Sunim

Parmi les gens qui reste ici, on trouve bien entendu les Sunim (quatre ou cinq dans cet hermitage), Bosal, deux gars qui s’occupent de faire le thé à temps complet, et la cuisinière. Un autre gars qui s’occupe un peu de tout (entretien dehors, réparation, chercher le thé récolté par les femmes du village, etc.) et une autre femme qui s’occupe aussi du thé sont ici toute la journée, mais habite à Gurye en fait. Quelques jours après mon arrivé, un petit garçon nous a rejoint aussi, Chyu, amené au temple par sa grand-mère car sa mère le battait violemment. Le jour de son arrivé, il faisait un peu peur à voir : il ne parlait quasiment pas, était très très maigre, sans force, il n’arrivait pas à marcher. Quelques jours plus tard, la cuisine du coin aidant, il a retrouvé le sourire, cours dans la court et commence à reprendre des formes un peu. Coïncidence ou pas, Sunim “rêvait” depuis quelques temps d’avoir un enfant; apparemment, les coréens croient beaucoup au destin… Au final, je ne sais pas si il pourra rester ici, je ne connais pas trop les procédures Coréenne pour ça.

Repas à Gucheungam

Il y a une cantine ici, avec de la cuisine végétarienne à 99% (on a le droit à quelques petits poissons séchés de temps en temps et très très rarement, du thon ou des petits morceaux de viandes). On trouve toujours du riz (j’ai jamais mangé autant de riz de toute ma vie), avec des aubergines, du radis japonais, du tofus sous différentes formes, des pousses de soja et pleins d’autres trucs que je connais pas (des trucs qui ressemblent à des haricots verts, d’autres à du céleri mais avec des grandes feuilles, etc.). C’est pas mauvais, un peu répétitif des fois. Alors la cuisinière va ramasser des grandes feuilles qui poussent dans la jardin, et les fait cuire à plat dans une poële dans une espèce de pâte à beignets/crêpes. C’est pas mal du tout. Ah oui, et on a du kimchi aussi (du choux fermenté et épicé). Autant le savoir, la cuisine est très salée ET assez voir bien épicé. J’en connais qui adorerait (ou pas).

Plusieurs fois, Sunim m’emmènera en voiture voir d’autres temples plus ou moins loin. J’ai retenu particulièrement le temple de Mihwang, au sud, près de Hanam, juste sous le mont Dalma : une impression de sérénité étonnante sort de cet endroit. Je n’avais pas mon appareil photo avec moi à ce moment, mais je ne sais pas si j’aurais pu retranscrire l’ambiance là bas.

Restaurant !

 

Normalement, on n’est pas censé boire ni fumé au temple, je n’ai d’ailleurs pas remarqué les mégots de cigarettes dans les toilettes ni les innombrables canettes de bière dans la poubelle. Plusieurs fois par semaine, Sunim nous emmène à l’Extérieur pour manger au restaurant, où ls gens se lâchent avec délectation sur la viande, le Soju, le Macoli et la bière. Du coup, j’ai le droit de goûter à plusieurs spécialités coréennes, dont j’ai pas retenu le nom. Mais c’était souvent des barbecus ici (faut bien compenser le manque de viande…). En début de semaine, on a fait trois heures de voiture pour aller manger dans un restaurant apparemment très célèbre qui faisait des anguilles d’eau douce grillées. Pas mal, mais mon estomac était pas trop dans mon assiette se soir là… J’ai fais plusieurs sorties avec Younsook et son mari aussi, qui m’ont emmené voir des trucs intéressants dans le coin (une maison traditionnelle Coréenne, un marché, etc.). Le week-end dernier, je suis allé avec Chang (un des gars qui s’occupe du thé) à Tongyeong, la ville où il habite.

Jamming à Tongyeong

Un bon vieux Bonjovi à fond dans la voiture, suivi d’un peu de K-Pop, et nous voilà arrivé. Batterie, restaurant, mal de tête, sauna, perte d’appareil photo (retrouvé depuis) et temps pourri. Mais c’était cool.

Mon séjour s’achève bientôt. Dommage que je ne parle pas Coréen, même si avec l’aide de mon dictionnaire et de Google Translate en soirée on arrive un peu à communiquer, ça ne va pas chercher très loin non plus. Les quelques personnes de passage qui pouvaient faire la traduction ont été fortes utiles, mais bon, j’ai passé un très bon moment ici. Il faudra que je revienne à l’automne, il parait que ça envoi le paté dans le coin.


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2 Responses to La vie à Gucheungam

  1. Clairottte says:

    Coucou,
    Ça a l’air cool la vie de wwoofeur!
    T’as fait des arts martiaux? Hier, j’ai essayé le qi gong une sorte de tai chi
    très relaxant mais qui renforce qd mm au niveau musculaire.
    Bref, alors la prochaine étape ?
    A bientôt
    Biz claire

  2. nine says:

    Merci de nous permettre de voyager un peu avec toi. Quel plaisir de se sentir dans un parc chinois, en train de faire du Tai Chi, ressentir de nouveau l’impression d’être si différent des autres, un étranger, puis partager un repas, des prières, des joutes? avec des moines bouddhistes. Ton voyage se passe bien et nous sommes contents pour toi. Cette forme de séjour, qui nous était inconnue réserve de belles rencontres. Petite anecdote, sais tu que le co-gérant de l’hôtellerie pres du temple de la montagne sacrée est un ancien moine cistercien de Boquen.
    Continue bien et fait nous encore réver.
    Bises de Daniel et Janine

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