Deux semaines à Jeju

Bon, je suis toujours sur l’île de Jeju, et le temps s’améliore difficilement.

Plants de riz

Si on revient quelques semaines en arrière, j’ai quitté la ferme Weolsong près de Jangheung le 20 juin. La dernière journée de travail avait été assez dure : levé à 6h du matin pour aller déraciner les jeunes plants de riz qui allait être plantés. Ils sont cultivés dans des rizières mais dans des espèces de barquettes rectangulaires de 60cm par 20cm avec des trous au fond et les racines passent à travers pour aller chercher à manger dans la rizière, et du coup, pour enlever la barquette, il faut passer une espèce de raclette qui va couper les racines. Au bout de la centième barquette, les pieds dans la rizière et quinze centimètres de boue, sous le soleil qui tape dur pendant six heures, j’en avais un peu ma claque… Deux gars qui voyageaient à pieds nous avait rejoins pour faire ça et on les a emmenés ensuite prendre le bateau pour Jeju (ils partaient là bas quelques jours avant moi). Sur le chemin, on s’est arrêté pour manger à un restaurant et j’ai eu la chance de manger une espèce de soupe avec de la viande dedans et c’était pas mauvais du tout : un goût un peu fort mais que je connaissais pas vraiment, et pour cause, c’était du chien. Quand je l’ai appris, ça passait un peu moins bien, et puis bon, on s’y fait finalement. Je ne sais pas quel genre de chien s’était par contre…

Machine à planter le riz

Le dimanche soir, pour mon dernier soir, j’ai eu droit à une garden-party coréenne, avec Makkôlli et vrai barbecue dans la nature. (Mais on retourne quand même la viande avec des baguettes; c’est pas comme si il y avait deux centimètres de braises rouges vives et des flammes juste en dessous que les coréens utiliseraient une fourchette.) Le lendemain matin, plantage du riz avec une super machine qui ressemble à une espèce de gros insecte chargé de plants de riz sous ses ailes. En tout cas, c’est efficace et ça plante droit. Han me montre l’eau de la rizière, maintenant chargée de pleins de bestioles, des espèces de petits limules de quelques centimètres, des grosses artémies vertes de quelques centimètres aussi, et pleins d’autres trucs : ça grouille de partout.

En fin de matinée, après un rapide pique-nique/petit-déjeuner sur la route, on part pour prendre le bateau et Han me remercie beaucoup pour le travail que j’ai fais : je lui ai filé un sacré coup de main malgré que la charge de travail était importante pour un WWOOFeur et me paiera mon billet de bateau du coup et deux-trois autres trucs.

Départ près de Jangheung

Sur le bateau, la mer était plate, un voile de brume consistent mais léger, on peut voir toutes les îles au loin mais ça fait décidément beaucoup trop de lumière pour prendre des photos potables… Ah oui, je sais pas comment j’ai fais, mais j’ai débarqué (encore) en première classe. Bon, ça permettait juste de pouvoir s’allonger par terre sur des tatamis mais vu que le personnel nous a contraint à rentrer dans la cabine au bout d’une vingtaine de minutes (parce que c’était “dangereux”…) j’ai du coup bien dormi.

La suite, j’ai déjà un peu raconté : arrivé à Seongsan sur l’île Jeju-do, direction la ville Jeju-si pour pouvoir trouver un distributeur qui marche avec ma carte. Je sais qu’il y en a un à l’aéroport, mais j’en ai trouvé un au terminal du bus en arrivant à Jeju-si. (bon, ça m’a pris 3000 WON pour 100000 WON retirés, mais bon, c’est peut-être ce que ça m’aurait coûté de faire l’aller-retour à l’aéroport.) Ensuite, traversée de la ville avec mon sac de treize kilos sur le dos pour trouver le jjimjilbang où je vais passer la nuit, ça tire sur les épaules. Mes compétences en orientation, mon sens aigu de l’organisation et mes connaissances en Coréen me permettent de trouver facilement ma destination après trois détours et cinquante minutes de marche. Au Jjimjilbang, je rencontre un polonais, Wojteck, qui vient de passer quelques jours sur l’île et s’en va pour le Japon le lendemain. On discute un peu, mais il est déjà tard, on sait que la nuit va être dure et il se lève tôt demain.

Sur la jetée de Jeju

Le lendemain, petit-déjeuner dans un café “Dunkin’ Donnuts” typiquement coréen en bas du Jjimjilbang où j’en ressors vers 11h30 et là, c’est le drame, on voit rien dehors, grosse brume, etc. Je vais prendre le bus (re-50 minutes de marche, w00T \o/), il fait bien chaud et humide, c’est super.

Après une heure de bus, j’arrive à Pyeosong où la guest-house “Wahaha” que j’avais réservé vient me chercher. Le paysage doit sûrement être très beau, mais là, on voit rien du tout. La guest-house est pas mal, un peu loin de la ville mais sur le bord du rivage et ils ont des vélos. Le soir, le temps devient complètement pourri, il pleut des tonneaux d’eau, et je rentre limite assez tôt pour être juste complètement trempé (mais pas plus). Le lendemain matin, j’ai un peu du mal à me lever et à me décider à faire quelque chose vu le temps (il pleut plus, mais on voit toujours rien). Je rencontre Wook, un voyageur de passage dans le coin et Su Young, la cousine du propriétaire de la guest-house qui nous propose de les accompagner pour aller voir à Udo, une île très jolie sur la pointe Est. On part à cinq dans la voiture, et après une quinzaine de minutes pour traverser en bateau entre Seongsan et Udo, on arrive … dans le brouillard. En deux heures, on fait le tour des principales attractions de l’île (falaises, plages, etc.) à bord d’un mini-bus, mais décidément, on voit rien.

Sur une plage de Udo

On a passé le reste de la journée ensemble, visité Ilchulbong (un cratère typique de Jeju, dans le brouillard), des Haenyo (les fameuses pêcheuses de 70 ans de Jeju) et d’autres endroits. Le lendemain, Wook s’en va, et je prends le vélo pour suivre la piste Olle numéro 4 : tout autour de l’île, il y a un circuit de randonné appelé “Olle trails“, divisé en dix-huit segments aujourd’hui. Chacun est prévu pour être fait en une journée (une vingtaine de kilomètres généralement) et conduit les gens à travers les coins sympa de l’île (près de la côte quand même). Bon, c’est pas prévu pour être fait en vélo, et je me suis retrouvé à le porter à travers les rochers du bord de mer, passer par des endroits où sans rien c’était déjà pas forcément facile. Du coup, c’était un peu la galère. En tout cas, j’ai bien profité du brouillard et de l’humidité, c’était suuuppeer. En fin de journée, je me suis dis que pour me détendre, j’allais me baigner dans la mer. Il y a une “grande” plage à Pyeosong. Donc, je rentre dans l’eau, je marche vers le large pendant cinq minutes, je me retrouve à 500 mètres du rivage, et j’ai de l’eau qui dépasse pas le haut des cuisses… Ah si, à un moment, ça a dépassé, parce qu’il y a eu une vague. Bon. Le soir, je me fais inviter par le propriétaire pour boire un peu de Makkôlli, l’original de Jeju, de couleur rose (alors que j’avais acheté le nouveau de couleur bleue, qu’est-ce que j’avais pas fais). Le lendemain, sushis et carcasses de poissons grillés pour le petit déjeuner, et je repars pour Jeju-si (j’ai quand même réussi à oublier tout mes papiers dans le coffre de la guest-house…)

Me voici ensuite arrivé à Hallim vendredi 25 juin, pour WWOOFer dans une ferme qui produit des citrus. Autant le dire tout de suite, je suis resté à peine une semaine, le travail était pas vraiment passionnant (enlever l’herbe sous les 200 arbres, à la vitesse d’un arbre par heure, woo), et mon hôte assez hermétique pour des raisons mystérieuses qui me donnait pas du tout l’impression que je sois le bienvenue chez lui, malgré qu’il soit gentil des fois… Bref.

Éclairci pendant le typhon

On a quand même eu droit au passage d’un typhon pas très loin de l’île, beaucoup de vent, beaucoup de pluie, beaucoup de vagues (enfin !) pendant 24h puis le grand calme. Un ciel assez étonnant aussi. Mais bon, le typhon est passé assez loin, du coup même si c’était différent d’habitude, ça faisait plus grosse tempête que cyclone j’ai trouvé. Le dimanche matin, j’ai eu le droit d’aller à la messe avec mon hôte (super !), avec un sermon du prêtre dont j’ai pas compris grand chose, mais le peu que j’ai compris m’a conforté sur ma (non) croyance et l’étude approfondie de la bible pendant que j’attendais que ça passe était tout à fait intéressante. Heureusement, on a eu droit à un repas gratuit à la fin… Une matinée intéressante, mais dont je me serais bien passé au final.

Lundi, j’ai tenté d’aller faire un tour à Jeju-si pour visiter deux-trois trucs, mais le repas du midi m’a fait dormir 3 heures dans l’après-midi. Je pars donc mardi matin : il pleut des cordes du coup, on travaille pas et je croise les doigts pour que ça se calme quand j’arrive dans la ville. Ça sera effectivement le cas, mais ça retombera dur dur plus tard dans la journée. Je passe la matinée à chercher des cartes postales, mais pas moyen d’en trouve une seule. Comme le temps est très incertain, il pleut par intermittence, le ciel est plein de brouillard, je peux pas vraiment aller là où je voulais. Je fais donc un peu de geocaching, et je trouve trois caches sur quatre (, , et ), qui m’emmèneront finalement pas trop loin dans la ville dans des endroits où je ne serais pas allé en temps normal, mais qui était plutôt intéressant…

Nutella + épices /o"

Après six jours (quand même) d’hébergement tout à fait agréable Hallim, je décide de quitter l’endroit pour aller faire un tour à Seogwipo où je dois couchsurfer chez Jack. Le temps est tout à fait splendide dehors, mon parapluie et ma cape de pluie sont tout juste suffisant pour me protéger. J’arrive assez tôt dans les environs de Seogwipo, et je vais tuer le temps dans le premier musée dans le coin, le “World Eros Museum” … particulier, pas forcément super intéressant mais original au moins. Je pars retrouver Jack ensuite, avec qui je passe une bonne soirée, à boire du vin (ah, ça faisait longtemps) et à manger des cuisses de poulets super épicées (le truc le plus épicé que j’ai mangé en Corée je pense), mais pas encore suffisamment pour lui oO. Il a commencé à apprendre le français il y a six mois et il se débrouille plutôt pas mal.
Le lendemain, je pars me promener vers le port puis je me dirige vers la piste Olle numéro 10. C’est un peu le bazar pour prendre le bus et sans plan et avec des indications uniquement en Coréen, je peine à trouver le bon. Après avoir réussi à trouver un semblant d’indication en choppant un point d’accès wifi dans la ville, je monte dans un bus qui s’avère ne pas aller jusqu’où je voulais et le chauffeur me fait plus ou moins comprendre qu’il faudra que je descende et prenne un autre bus quelque part, mais je sais pas trop. Je me dis que je verrais bien et quelques minutes plus tard, un Coréen monte dans le bus et le chauffeur nous fait comprendre qu’on va au même endroit et que j’aurais qu’à suivre le Coréen. Effectivement, il me réveille une demi-heure plus tard, on change de bus et on discute un peu. Il s’appelle Chang et veut faire la piste numéro 10 alors que je veux en faire qu’une partie pour aller me baigner sur une des plages le long de la piste. On part ensemble et on se fait une chouette balade dans les rochers et le long des dunes. Il a avec lui une bouteille de Makkôlli (“ça coupe la faim !“) qu’il partagera arrivé en bas de la montagne Sanbangsan. Juste en bas de la montagne, il y a une espèce de mini péninsule avec des formes bizarres, on va voir ça et c’est une très jolie côte composée de strates polies par les vagues sous nos pas et le long de la falaise. Beaucoup de pêcheurs ici, et des femmes qui vendent et préparent des fruits de mer frais au bord de l’eau. Chang m’en paiera une assiette avec des trucs qui donnent pas envie de manger (un gros escargot de la taille d’un point, une limace de mer et un espèce de “fruit de mer” rouge, un peu comme un dragon-fruit, le tout découpé sous nos yeux et servis crû), avec une bouteille de Soju, servie avec une petite assiette d’ails et d’oignons et une sauce rouge un poil épicé. C’était en fait super bon et un cadre super pour manger. Évidemment, j’avais oublié mon appareil photo, mais je devrais recevoir des photos qu’il a pris avec son appareil par mail (peut-être).

Au large de Seogwipo

Le soir, il y a une soirée sur le toit de l’immeuble à Jack : les trois derniers étages sont remplis par des expats, quasiment tous profs de langues dans des écoles dans le coin, et on se fait une soirée barbecue à discuter. Je rencontre des voisins de Jack, un anglais et une française d’une quarantaine d’années qui habitent en Corée depuis plusieurs années, et on est invité à aller manger un repas français chez eux le lendemain soir. Jack accueille aussi une autre fille de Seoul, d’origine Sud-Africaine qui vient participer à la course de Iron Man qui a lieu dimanche. Sacrément courageuse (qu’elle idée de courir avec une chaleur pareil /o\).

Roches basaltiques près de Jungmun

Hier samedi, j’ai vraiment envie de me baigner. Je prends un bus pour Jungmun, un gros complexe touristique à l’ouest de Seogwipo, qui possède la plus belle plage de l’île. Je descends au mauvais arrêt, à quelques kilomètres d’où je voulais débarquer à l’origine, mais je traverse la campagne de Seogwipo pour arriver en bord de mer, finalement pas si loin de ma destination. Dans le coin, la côte est composée de roches volcaniques avec des formes en hexagone, comme on peut trouver au nord de Belfast en Irlande. Finalement, j’arrive à la fameuse plage… qui fait 400/500 mètres de long, sable un peu gris dégueulasse, pas vraiment de vagues, et des maîtres nageurs qui limitent l’avancée dans la mer dès que l’eau dépasse le torse… Je vais faire un tour quand même dans l’eau et tiens, qu’est-ce que c’est propre. D’une eau annoncée bleue turquoise, c’est plutôt foncé de petits morceaux d’algues en décomposition qui flottent partout… J’allais partir quand on me propose de compléter une équipe pour une partie de foot improvisée sur le bord de la plage. À la fin, je me rends compte que ce sable colle décidément beaucoup à la peau, et j’en ai de partout /o\. Hier soir, après une bonne douche pour me débarrasser de la moitié du sable de la plage que j’avais ramené chez Jack, on part manger chez James et Barbara, avec du saumon fumé sauce moutarde, coq au vin et cheese cake, avec du vin et du pain fait maison. Beaucoup de discussion, beaucoup de français, beaucoup de musique et c’était pas mauvais…

Repas au bord de mer

Ce matin, après une visite au marché couvert du coin, j’ai passé quelque temps à siroter un café avec un muffin (plein de chocolat) dans un café Coréen pour écrire tout ça… La patronne du bar m’a ensuite conseillé un magasin à l’autre bout de la ville pour acheter un masque de plongée, et j’ai retraversé la ville dans l’autre sens, trompé de route mais finalement, je suis arrivé à mon spot pour faire du snorkeling. J’ai croisé James et Barbara qui rentraient retourner un bateau (?!) au moment où j’arrivais et m’ont indiqué les bons endroits pour nager dans le coin. La mer, pour une fois (évidemment), était un peu agitée, du coup c’était un peu chaud sans palmes pour se contrôler sous l’eau, et la visibilité était pas super bonne, mais j’ai vu quelques poissons sympa et quelques oursins aussi. En sortant, je vais me laver sous une cascade à coté en observant trois coréennes s’aventurer dans l’eau. Le temps de me changer et de passer à coté voir ce qu’elles faisaient, et je suis invité à goûter les coquillages et les oursins qu’elles viennent de pêcher. : fruits de mer super frais et compagnie très agréable. Mais le soleil commence à descendre, il est temps de rentrer.

J’ai faim maintenant. Grmbl.


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6 Responses to Deux semaines à Jeju

  1. Annie says:

    De retour du boulot, je viens d’imprimer pour Mamie ces nouvelles pages: pas sûr qu’elle soit enthousiaste à l’épisode du met avec du chien! Mais comme elle est fan de tes”aventures”, çà devrait passer!
    Bisous de ta mam’

  2. So says:

    Comment je trouve ton flux RSS ?

    • Jon says:

      Si tu donnes à ton lecteur de flux l’adresse du site directement, il doit être capable de trouver le flux tout seul.
      Sinon, j’ai mis des liens vers les bonnes en bas du menu de droite !

  3. gl says:

    Et ben mon pauvre Jon, on peut dire que t’as pas de bol avec le temps… Mais continue à décrire tes pérégrinations, c’est amusant à lire (et achète-toi une boussole, nom de nom !) 🙂

  4. Iron Maiden says:

    I love Nutella!

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