Saison des pluies en Corée

De Jeju à Ganghwa

Trois semaines séparent ces deux photos ; trois semaines, principalement composées de pluie, de vent et de brouillard. C’est bien la saison des pluies en Corée, qui a duré et qui est bien plus importante que les années précédentes d’après ce que j’ai entendu…

Du coup, c’était assez calme par ici… Je suis parti de Jeju au moment où il a commencé à refaire beau (enfin, je ne sais pas ce que ça a donné après, mais le jour où je suis parti, il y avait un grand ciel bleu, que j’avais pas vu depuis longtemps…)

J’ai séjourné une dizaine de jours à Séoul, chez Félix, un directeur artistique de haute-couture que j’avais rencontré quand je WWOOFais au temple à Gurye. J’ai pris l’avion le 5 juillet à Jeju (ville) pour une petite heure de trajet vers la capitale; c’était le premier vol national que je faisais et ya pas à dire (mais ça va mieux en le disant) : c’est quand même beaucoup moins galère que les vols internationaux…

À Séoul, il ne pleuvait pas encore quand je suis arrivé, mais d’après les nouvelles que j’avais entendu quand j’étais encore sur l’île, ça n’avait pas arrêté pendant deux semaines et ça aurait débordé dans des quartiers. Heureusement, Félix habite un peu en hauteur, donc pas de problème pour nous… J’étais vraiment super crevé quand je suis arrivé, du coup, j’ai dormi comme une loutre.

Gyeongbok-gung

Le lendemain, j’avais rendez-vous avec Su Young que j’avais rencontré dans la guest-house à Pyeosan sur Jeju, et comme elle était en vacance pendant quelques jours à Séoul, on est allé faire un tour du coté de Insadong, LA rue touristique avec pleins de magasins traditionnels, des restaurants et des maisons traditionelles cachées un peu des dans des ruelles. On est allé aussi au grand palais royal Gyeongbok-gun, qui est un peu l’équivalent de la Cité Interdite de Beijing et qui lui ressemble aussi fortement : même style de bâtiments, même genre de configuration des lieux (enchaînements d’enceintes et de petits palais). Les couleurs sont toutefois différents, c’est beaucoup plus sobre ici (dans les tons gris/noirs au lieu du jaune/rouge de Beijing) et on a moins l’impression de prison ici aussi (il y a même un grand parc avec un lac \o/). Tout autour du palais, on peut voir aussi les montagnes qui font parties intégrantes de Séoul, et ça donne un peu de profondeur au décor (Beijing, c’est tellement plat que ça pourrait être sur le sommet d’une colline). En fin de journée, on s’est payé des snacks dans la rue et mangé un Patbingsu (팥빙수), une espèce de glace (sans glace, mais des glaçons pilés), ru riz sucré et des haricots rouges. C’était bon, mais il était temps que la journée s’achève : la marche et la chaleur auront eu raison de nous…

Hanoks dans le quartier de Bukchon

Les jours suivants, le ciel ne savait pas trop si il devait pleuvoir ou pas. Le vendredi, on devait passer à la télé avec Félix pour faire de la promo pour un club de tir à l’arc de Séoul (avoir des étrangers dans son club, ça fait vendre parait-il), mais vu que la Corée avait remporté l’élection pour les JO de 2018, toute les équipes télé étaient en mission à Pyeongchang, donc on a juste eu le droit de faire du tir à l’arc (style Coréen, bien sûr). L’après-midi, après être allé prendre un café dans l’atelier de sa couturière (qui vend sur Paris d’ailleurs), je suis parti dans le quartier de Bukchon, composé de hanoks, les maisons traditionnelles Coréenne. Le quartier est aussi super connu pour ses stars qui habite par là et les lieux de tournage de plusieurs séries télé Coréenne.

Ttong Ppang ("pain crotte")

Samedi après-midi, je suis parti avec le copain de Félix et son “élève” de cours d’anglais, un manager de banque fantasmant sur les poils de torse (c’est pas courant) pour Hallim, une ville à une cinquantaine de kilomètres de Séoul avec pleins d’artistes parait-il. On a surtout traîné dans une zone avec des musées vintageet mangé des “pains crottes” (똥 빵) (ça s’invente pas non plus), des espèces de mini-gaufres en forme de crotte fourrées avec de la purée de haricots rouges, moulées par une super machine qui fait quasiment tout toute seule… Ils auraient pu pousser le fun à les faire avec une pâte avec du chocolat, mais ils ont décidément pas le sens de l’humour.

Coucher de soleil sur la Corée du Nord

On est ensuite allé juste à coté, à l’observatoire de Paju. L’occasion de sortir ma boussole car en bas de la colline, de l’autre coté de la grosse rivière qui se jette dans la mer, se trouve la Corée du Nord. Heureusement qu’on avait un temps absolument limpide, et qu’on était pas en fin de journée sinon on aurait eu le soleil en plein devant nous… “L’autre pays” est tout de même trois kilomètres plus loin, et on a pas vu grand chose, mais je suis pas sûr qu’on aurait fait des découvertes extraordinaire non plus…

Dimanche, j’avais repéré une exposition dans un magasine d’art dans la maison de Félix. En regardant sur une carte, je me suis aperçu que c’était pas très loin, juste à un kilomètre à vol d’oiseau de chez lui… Sauf qu’il y a une grosse montagne Inwangsan qui coupe la ville en deux à cette endroit. Depuis qu’ils ont construit des barres d’immeubles le long du flanc, ça serait impossible de passer maintenant, mais je décide d’aller voir quand même.

Panorama depuis Inwangsan

Armé de ma boussole, de mon couteau et autres objets contondants, je pars en direction de l’Est et après cinq minutes, je trouve enfin le chemin qui pars dans la montagne. Bonne petite randonnée sous un ciel gris plomb et une température d’une bonne trentaine de degrés. Je savais bien que j’aurais dû prendre une bouteille d’eau. Finalement, après quarante-cinq minutes de montées, j’arrive sur la crête (acérée) avec une superbe vue sur la ville et je continue vers le sommet un peu plus loin. Je redescend finalement de l’autre coté pour aller voir cette fameuse galerie, mais j’arrive à peu près deux kilomètres trop loin… Finalement, j’arrive dans la galerie après deux heures et demi de marche, en nage dans mon t-shirt, pour m’apercevoir qu’elle était pile-poil en dessous de cette fameux crête (mais j’aurais pas pu descendre là de toutes façons). La galerie est perdu au fin fond d’un quartier résidentiel, le proprio surpris me demande comment ça se fait que débarque ici et il est tout content d’avoir un Français dans le coin (surtout avec la gueule que j’avais à ce moment là, il a du bien rigoler). L’expo consistait en une dizaine de négatifs de femmes en robe, imprimés sur des grandes plaques en métal, coloriés et décorés au vernis de couleur, exprimant tout le génie de l’artiste. C’était intéressant, mais je sais pas si ça valait tout ces efforts… Le soir, on est allé manger dans un super restaurant Coréen pour célébrer le départ de Félix qui repartait en France le lendemain matin.

Lundi, j’ai passé l’après-midi sous la pluie, à chercher du chocolat noir pour faire une mousse au chocolat; deux heures à tourner entre trois ruelles pour finalement tomber sur le magasin en question alors que j’allais partir. J’ai fais la mousse le lendemain matin, et je suis tombé un peu malade dans l’après-midi (je passe les détails). Que du bonheur.

Petit matin à Sanmaeul

Finalement, me voilà depuis une semaine sur l’île de Ganghwa, au Nord-Ouest de la Corée, à “WWOOFer” pour le lycée alternatif Sanmaeul. Pour l’instant, j’ai pas fais grand chose, il a plu à n’en plus finir les premiers jours, j’ai juste désherbé pendant une quarantaine de minutes un bout de rizières avec d’autres élèves, pieds nus dans la vase, avant que ça recommence à tomber. (Plus d’infos sur l’école plus tard.)

Depuis hier, il fait beau, grand ciel bleu et tout. Du coup, la température est remontée de 20°C à 32°C au passage. Au moins, mes chaussures ont pu sécher en paix.


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2 Responses to Saison des pluies en Corée

  1. gl says:

    Je te rassure, à Paris aussi c’est la saison des pluies. Depuis facile une semaine, c’est non-stop. En plus, nous, on a les crottes de chien, les vraies, pas des pseudo-pains ! Ha ha, t’es jaloux maintenant, hein ?

    • Jon says:

      Le problème surtout, c’est qu’on n’a pas le choix ici : soit t’as les pains-crottes, soit t’as rien :/

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