Tokyo, au bord du monde

Dentsu Building

Après quelques jours tumultueux à Kyoto, je me dis qu’il est temps que je partes faire autre chose. Décidé à aller faire du WWOOFing dans les alentours, j’ai envoyé plusieurs requêtes à droite et à gauche et je me dis que j’aurais bien une réponse d’ici 3/4 jours. Effectivement, le lendemain j’ai déjà une réponse pour aller aider une boulangerie/pâtisserie à Sado, mais en fait, ils veulent juste que je mettes une photo sur mon profil 🙁 mais qu’ils “étudient” ma requête \o/ Bon, j’y crois à mort et je me dis que j’aurais bien une réponse positive d’ici quelques jours. Du coup, vu qu’il me reste encore 2 jours de voyage en train avec mon super pass, je me lance corps et âme en direction de Tokyo, et le 7 septembre, me voilà parti pour 3 jours à la capitale en seulement 10 heures de train. Woo hoo

Mont Fuji

Sur la route, je croise le Mont Fuji aux alentours de 16h30, un peu dans la brume et la poussière et il n’y a plus de neige au sommet à cette époque de l’année… Finalement, j’arrive à destination vers 19h, à la grande gare de Tokyo et évidemment … c’est l’heure de pointe. J’ai pas réservé de chambre pour se soir, j’ai juste deux adresses d’auberges où je peux aller toquer, j’attends une réponse pour aller couchsurfer chez un gars que j’avais contacté au mois de mars que je pensais être à Tokyo à l’époque, et j’ai aucune idée comment me rendre à chacun de ses points avec le métro du coin…

Le métro de Tokyo, c’est assez rigolo : même si il est super pratique, permet d’aller partout dans la ville et même en dehors, propre, moderne, et bien organisé à l’intérieur, il y a un truc super casse-couille : on compte au moins 3 opérateurs de métro différent (JR (la compagnie de train), Tokyo Metro, Toei) auxquels s’ajoutent plusieurs opérateurs privés (au moins 2) et bien sûr, un ticket de métro chez l’un ne marchera pas chez l’autre. Du coup, même si on peut aller de n’importe quel point à n’importe quel point, il faut des fois assez rusé pour trouver le meilleur chemin…

Bref, finalement, je trouve comment faire pour aller à une des auberges de ma liste , sur le chemin je trouve enfin un hot-spot wifi ouvert pour être sûr que je vais pas couchsurfer se soir. À l’auberge, je suis accueilli par le manager … Raoul. Il m’annonce qu’il ya un repas gratos offert dans le bar du coin, affilié avec l’auberge. Vite, je range mon sac et je vais faire un tour là bas. J’aurais droit à un petit bol de nouilles avec du chou et deux-trois autres trucs, pas suffisant pour me couper la faim, mais bon. Dans le bar, il y a plusieurs personnes, visiblement qui logent à l’auberge aussi. J’ai tenté de m’incruster dans la conversation, mais ils ont l’air de décidément bien s’amuser entre eux, et c’est un peu l’échec de la soirée.

Panorama depuis le haut du parc

Le lendemain, je me dirige vers le parc impérial, sous une douche caleur, un beau ciel bleu et un soleil de plomb. Après une petite sieste à l’entrée du parc, je fais un peu le tour (j’ai raté l’entrée pour rentrer dans le palais … peut-être? C’est pas très clair) ; dans les jardins Est, il y a un musée gratuit avec une exposition sur des livres accordéons, remplis de peintures dans un style typiquement Japonais (je dirais). Les pages du livre se plient comme dans un accordéon, et on peut les ouvrir complètement et avoir toute les pages sous les yeux d’un coup (enfin, un seul côté de chaque page quoi)… Le concept est assez intéressant. Rapidement, les jardins ferment et je marche tranquillement au nord en direction d’Akihabara, ville électrique, repère de geek et d’otaku. Perdu entre les rayons de mangas, dans les salles de jeux vidéos, remplis de Japonais tous plus acharnés et passionnés les uns que les autres, c’est un monde à part. De retour à l’auberge, j’y croise un couple de français avec leur garçon d’une dizaine d’années, qui voyagent depuis plusieurs mois aussi, à la recherche de l’endroit parfait pour habiter. Après le Cambodge et l’Indonésie qu’ils ont bien aimé mais pas trop non plus, ils ont eu un énorme coup de coeur en arrivant à Tokyo, mais c’est en fait un peu dur d’arriver ici en tant qu’étranger et de monter son business (sans blague ?), donc ils vont bientôt repartir en France et revenir dans 3/4 ans. Un peu bizarre comme conception, mais bon.

Kawaii paradise ~~ ┏( O_O )┓

Vendredi 9 septembre, je rencontre le matin Alyce, ma voisine du lit du dessus (qui s’est faite réveillée par un charmant jeune homme à 7h du mat’ : “eh, désolé de te réveiller, mais on a vraiment passé une super soirée hier, hein?! Ouais, bon, on se reverra, a+”, en lui parlant comme si elle était à 10 mètres de lui, merci de faire partager à toute la chambre cet instant de bonheur \o/ ), et malgré tout, on part en début d’aprem pour aller au musée des sciences voir des robots (ça avait l’air de la faire grave kiffer). On s’est légèrement raté de 2 heures de trajet pour y arriver, entre marcher pour éviter le métro et descendre 4 arrêts trop tôt et pas savoir lire une carte pas détaillée, mais on finira par y arriver pour profiter … d’une heure de musée avant que ça ferme (vu le prix, ça faisait un peu cher, mais bon…) Sur le chemin du retour, la nuit tombant, on profitera des jeux de lumières sur Odaiba et d’une bonne heure de marche pour rejoindre le métro de Tokyo Metro pour pas avoir à payer un nouveau changement : super balade le long de la voie rapide, entre le bruit des voitures et le gaz d’échappement. On aura au moins profité une fois du monorail automatique et du Rainbow Bridge : je suis sûr qu’on pourrait en faire un nouveau Star Wars: Racer.

Sensōji temple, Kannondō hall

Le samedi, ma réservation à l’auberge se termine et j’irais couchsurfer se soir. En attendant, je marche vers le sud en direction de Asakusa, un des vieux quartiers de Tokyo, un peu trop attrape-touriste à mon goût. Il y a un énorme bâtiment Asahi de l’autre coté de la rivière, mais à part des restaurants super cher, pas trop de musée avec de la bière gratuite 🙁 Je me dirige ensuite vers Ueno, où j’espère me trouver une nouvelle paire de godasse. Autour de la gare, il y a plein de boutiques vendant des trucs en gros, des bacs remplis de vêtements ou de chaussures en vrac, sur plusieurs centaines de mètres. C’est rempli de gens, un peu vieux, un peu crasseux (le quartier, pas les gens). J’ai du faire toutes les boutiques du coin, mais j’ai pas réussi à trouver ce que je voulais, apparemment, c’est déjà plus la saison pour acheter des sandales (pourtant, qu’est-ce qu’il fait chaud encore T_T” ). Le soir, je passe récupérer mon sac que j’avais laissé à l’auberge et je pars à la rencontre de Eiji et un des ses colocs de Avocado House, un grande maison près de l’Université de Tokyo. Ils habitent à 5 personnes là dedans et ont encore une chambre supplémentaire pour les couchsurfers et autres gens de passage. Il y a 6 mois de ça, quasiment aucun des occupants ne parlaient anglais, et après qu’un ami à eux leur à suggérer de recevoir des gens chez eux, ils se sont lancés dans l’aventure. Quelques mois plus tard, les progrès sont plutôt remarquables et même si leur anglais est loin d’être parfait, c’est déjà plutôt pas mal… Il est tard quand j’arrive, on a faim, pas trop d’argent, du coup on fini la soirée dans un kaiten-zushi, quasiment mes premiers sushis depuis mon arrivé au Japon. Pas exceptionel, mais digne de ce qu’on peut trouver généralement à Paris pour le double du prix…

Shinjuku

Le lendemain, c’est les 6 mois de l’anniversaire du tremblement de terre de mars 2011 (c’est aussi les 6 mois d’anniversaire de Eiji). Je pars me promener en début d’après-midi vers Shinjuku. Après 2 heures passés à boire mon café glaçé pour refroidir et écrire mon article sur Osakikamijima, je me lance vers les grattes-ciels du coin. En arrivant au pied du Tokyo Metropolitan Government Building, le plus haut building du coin (et le plus haut de Tokyo en fait, avant que Tokyo Sky Tree ne soit fini), je me fais accoster par un Allemand d’origine Russe à fort accent Français (oO) qui me demande où se trouve le plus haut building du coin. “Ça tombe plutôt bien”, que je lui dis. L’accès au sommet est gratuit et on pourra admirer les magnifiques toits de Tokyo. En redescendant, on part faire un tour vers le quartier “chaud” de Shinjuku, mais c’est un peu tôt je crois, et rien de bien spécial, à part beaucoup de monde. Le gars est assez sympa, mais on a pas trop la même approche : il est plutôt du genre à vouloir rentrer dans le premier bar où des (certes charmantes) hôtesses lui proposent d’entrer, je suis plutôt du genre à me méfier. On commence à avoir faim, je lui propose un kaiten sushi, mais les poissons et les radiations lui font un peu peur. Par mesure de sécurité, on ira doc manger à MacDo, “on moins on est sûr de pas avoir de problèmes” ( O_O ). Bref, on finira la soirée à boire des bières dans la rue à Shibuya. Il est tard, je suis crevé, ça tombe bien.

Dans la soirée en rentrant, plusieurs colocs de Avocado House font leur apparition, dont Shinji, le frère jumeau de Eiji et plus ou moins responsable de toute l’organisation de la maison. Il revient de Thailand où ils sont partis négocier avec son patron des iPhone pas trop cher, ceux au Japon sont symlockés et super cher, pour faire de la revente dans leur nouvelle entreprise de cours d’anglais (oui, c’est un peu compliqué). Le seul truc marquant dans l’histoire, c’est le nom de l’entreprise en question : B.I.E. (ou Big International Entreprise, sans blagues).

Lundi, c’est journée je fais rien. Ah si, j’ai fais de la cuisine le soir : Pajeon Coréen, poulet basquaise, et bananes au lait de coco et perles du Japon (j’avais oublié comment c’est trop bon).

Tokyo Tower

Finalement, je retournerais à Odaiba pour aller cette fois au musée Maritime, pour essayer de ne pas renouveler mon expérience cuisante de Kure. En prenant les bonnes lignes de métro (et en payant le prix aussi -_-‘ ) on y arrive en fait rapidement. Coup de bol, le musée est à 200 JPY pendant quelques semaines, au lieu de 800 JPY, et … c’est tant mieux parce qu’il n’y a aucune explication en anglais (à part les titres des panneaux) /o\. C’est encore l’échec, mais ils ont des belles maquettes… Dépité, je me décide à aller marcher vers le Rainbow Bridge, pas très loin, mais pas tout près non plus. Sur le chemin, je croise la Statue de la Liberté (qu’est-ce qu’elle fout ici ?! oO) et une des “plages” de Tokyo, où il est interdit de se baigner. Vu la couleur de l’eau ça ne me serait pas venu à l’idée, mais ça empêche pas des gens de faire de la planche à voile quand même (ça souffle pas mal faut dire). J’arrive finalement au grand pont à l’entrée de Tokyo, avec au moins 8 voies pour voitures + deux voies pour le métro + des passerelles piétons de chaque coté. Au milieu du pont, un panneau explique rapido les contraintes à la construction : outre les tremblements de terre, la hauteur du pont est limitée par l’aéroport Haneda pas très loin d’ici, pratique. Enfin, après 2 bonnes heures de marche, j’arrive à ma destination, Tokyo Tower, espèce de mix entre la Tour Eiffel et la fusée de Tintin, fierté des Tokyoites, mais qui n’arrive décidément pas à la hauteur (esthétique) de la Tour Eiffel : ça manque de dentelle de fer et le gros centre commercial avec l’énorme tube ascenceur juste en dessous ne sont pas du meilleur effet. J’attends que la nuit tombe, au moins on peut faire des chouettes photos (le prix pour monter au sommet est assez dissuasif : 800 JPY pour le premier étage, rebellote pour le deuxième, et il y a un supplément au sommet encore je crois, woohoo). En rentrant le soir, une nouvelle couchsurfeuse fait son apparition. Marie est toute contente de pouvoir reparler français après son voyage de 2 mois en Chine et à Okinawa (rah…)

Le lendemain, j’ai rendez-vous pour aller manger avec Utako, une fille que j’avais rencontré à l’auberge à Kyoto, étudiante en architecture à Tokyo. Elle m’emmènera manger un énorme bol de Udon dans un restaurant près de la gare, mais le temps est comptée et elle aura juste le temps de me faire un bâtiment assez moderne pas très loin avant de retourner en cours.

Capsule Hotel

Il est finalement le temps de quitter Avocado House. Dans la matinée, je pars avec Marie et Shinji visiter Todai, la fameuse université de Tokyo. Shinji est étudiant en bio-chimie là bas (oui, j’avais dis que c’était compliqué) et vu qu’il est pas super assidue en cours, ça lui fait une bonne raison d’aller faire un tour à la fac. C’est un peu vide ces jours-ci, c’est les vacances d’été et la plupart des étudiants ne sont pas là, les seuls qui restent sont les acharnés qui continuent à faire des tests dans les labos ou à étudier à la bibliothèque. En rentrant à Avocado House, tout le monde est bien crevé malgré tout et après une bonne sieste, Marie et moi prenons nos sacs en direction du métro. Elle part rejoindre des amis à elle quelque part vers Shibuya et je me dirige vers Asakusa pour aller passer deux ou trois nuits dans un capsule hotel, le moins cher que j’ai trouvé dans le coin. En arrivant, le prix à l’entrée est multiplié par 2 par rapport à ce que j’avais vu sur Internet. Je le fais comprendre au gars à l’accueil qui me dit “la prochaine fois, pensez à réserver sur Internet s’il vous plait” et me fais le dit tarif. Heureusement, parce que c’est quand même pas fameux : les capsules en question ne sont plus toutes jeunes, ça sent un peu le vieux et il y a un cable électrique qui pend sous la télé de ma capsule avec la ferme intention de me filer une décharge (ce qu’il a définitivement essayé de faire).

Pas très loin de mon hotel, il y a une location de vélo vraiment pas cher que m’a recommandé Marie. Effectivement, à 200 JPY la journée, les vélos ne sont pas de dernières générations, mais ça à l’air de rouler, et c’est à peine plus cher qu’un aller en métro. Et hop, c’est parti pour une ballade en vélo. J’ai pas énormément de temps devant moi, je dois retrouver Sabrina vers 16h30, chez qui je dois aller couchsurfer pour mes deux denières nuits à Tokyo. J’aurais le temps d’aller jusqu’à Shinjuku et de profiter du bon air de Tokyo dans l’après-midi. J’aurais bien loué des rollers à la place, mais autant on peut voir des vélos de partout, autant j’ai croisé personne en roller dans toute la ville…

Sabrina et son guitariste

En fin d’après-midi, je rejoinds donc Sabrina et Dan, un autre couchsurfeur qui dors aussi chez elle pour deux nuits. Sabrina est brésilienne et chanteuse de musique brésilienne (justement) au Japon, elle habite ici depuis une dizaine d’années. Se soir, elle donne un concert dans un bar (brésilien) pas très loin de chez elle et on ira faire un tour avec Dan, le temps de la première partie. Pas grand monde dans le restaurant, si ce n’est un couple et deux autres gars qui mangent dans un coin, mais au moins on profite de la musique tranquillement : Sabrina chante plutôt pas mal et son copain Japonais joue plutôt très bien de la guitare. Après m’être promené avec Dan dans Asakusa de nuit pour trouver de quoi manger, on se retrouvera tout les trois chez elle. Je suis pas mal fatigué donc la soirée passera assez vite pour moi.

Makuuchi, top division

Mais le lendemain matin, réveille assez tôt, Sabrina nous prépare quelques toasts au fromage avc un bon café, et on part tout les trois pour aller au stade de Sumo de Tokyo. La plupart des places sont assez chères (voir super chères, il y en a à 45000 JPY !), mais si on arrive en avance, on peut avoir des places non numérotées, pas super bien placées, mais juste pour 2000 JPY. Dan a prévu le coup depuis plusieurs jours et on retrouve des amis à lui là bas. La journé commence tout doucement avec les sumo de “basses” catégories, et le niveau augmente au fur et à mesure que la journée avance. En début d’après-midi, la plupart des gens avec nous partent et je reste seul avec Olof, un étudiant en médecine Sudéois, qui est en échange scolaire au Japon pour 3 mois mais qui n’est là que depuis 3 semaines. Un peu répétitif, on restera quand même jusqu’au bout du tournoi pour voir les grands champions, pas forcément bien plus intéressant que les débutants ceci dit. Dans la soirée, ça sera la course poursuite vers la gare de Tokyo pour trouver une librarie où je dois acheter une carte du Japon. Puis, on part désespérément à la recherche d’un café Internet pour que je puisse imprimer deux pauvres papiers, et c’est pas facile à trouver dans le coin. Après avoir demandé à une dizaine de personnes, qui nous ont dirigés à droite et à gauche, on finit par rentrer dans un manga café près de la gare. En rentrant le guichet est un peu bizarre, il est ouvert juste au niveau des mains et on voit pas à qui on parle. Bon, bizarre, je fais un tour sur moi-même pour voir si je me suis vraiment pas trompé d’étage, et je comprends un peu mieux : en fait de manga café, c’est en fait un magasin de location/vente de DVD porno, avec un ordinateur dans un coin relié à une imprimante… Le gars parle pas un mot d’anglais mais il comprend facilement ce que je veux faire (juste imprimer hein !) et j’arrive finalement à repartir avec mes deux feuilles (Olof aura eu le temps de faire le tour du magasin en attendant).

Je rentre tard chez Sabrina, en pleine discussion avec Dan, on discutera un peu mais je dois préparer mon départ de Tokyo pour le lendemain matin. Je voulais partir en stop mais décidément ça a l’air un pu galère pour sortir de Tokyo et trouver un endroit pour être pris. En tout cas, ma tête a un peu du mal à fonctionner à cette heure, et je m’écroule vers 1h du matin.

Je me réveille quelques heures plus tard et me voilà en direction de la gare routière de Shinjuku : il fait chaud, j’ai faim, je suis fatigué, il y a du monde et c’est bruyant ici. Je trouve finalement dans cette cohue (il y a une espèce de fête avec des gens qui portent des trucs, c’est un peu le bordel) la terminal de bus et je cède pour prendre un billet pour Sawando, je tenterais l’aventure un autre jour.


This entry was posted in Voyage and tagged , , , , . Bookmark the permalink.