Stop and turn around

En approchant SumbawaLe 24 octobre, presque 5 mois (à 3 jours près) être arrivé à l’île de Kanawa près de Komodo, je prends une dernière fois le bateau pour passer une dernière fois la nuit à Labuan Bajo. Le 25 au petit matin, assis sur le siège arrière de la moto d’Anggie, elle m’emmène prendre le gros ferry Pelni de passage à Bajo, sur la route entre Makassar et Bali. Quelques minutes avant le départ du bateau, je fais mes adieux à Anggie, à Labuan Bajo, à Kanawa et à Komodo… En route pour Bali !

Pelni, c’est la grosse compagnie de transport maritime d’Indonésie : vu la taille du pays, sa disposition géographique, les endroits retirés où des gens vivent quand même, et le prix des billets d’avion, la compagnie a encore pas mal de succès. J’ai acheté mon billet quelques jours auparavant, et le bateau est censé partir à 6h du matin. En fait, il vaut mieux être dans le coin et garder un oeil sur le port, le bateau ayant plutôt tendance à arriver entre 8h et 14h… J’ai pris un billet en classe “ekonomik” qui fait le trajet Labuan Bajo – Benoa (Bali) en un jour et demi pour 189.000 Rupiah – l’avion lui, coûte plutôt dans les 800.000 à 1.200.000 Rupiah pour le mêm trajet (en une heure, certes). À mon arrivé, le bateau est “plein” ; il peut sans doutes encore prendre beaucoup de personnes, mais ça grouille de monde de partout. Je suis censé avoir un lit dans un des dortoirs de la classe économique, dortoirs de 200 personnes environs, toutes au même niveau. Ils ont beaux être climatisé, il fait chaud là dessous et la plupart des gens ont pris leurs matelas à l’extérieur pour s’installer sur le pont et les coursives, qui sont du coup encombrées de gens, matelas, sacs et bagages en tout genre. Évidemment, j’arrive un peu tard, et mon matelas a disparu je ne sais où. Quand le bateau démarre, je fais mes adieux du haut du 4ème pont à Anggie restée sur le quai. Quelques minutes plus tard, je croise les bateaux quotidiens qui arrivent depuis Kanawa et fais mes adieux, à distance, aux capitaines Iwan et Sadi. Puis on prend le large, lentement mais sûrement. La mer est plate, il y a juste la brise dûe au mouvement du bateau. Pas trop décidé à rester un jour et demi assis par terre sur mon sac, je vais me poser quelques minutes dans les couloirs de la seconde classe, calmes et déserts, histoire de sortir la bouffe de mon sac et d’en faire un peu le tri pour le voyage. Quelques minutes, un membre de l’équipage débarque, et me demande si je veux une cabine ; pour seulement 150.000 de plus, me voilà avec un vrai lit, une salle de bain perso, et toute une famille de cafards, bien décidé à entamer mon petit-déjeuner. La croisière se poursuivra entre siestes à l’intérieur, à l’extérieur, sea-gazing, voir les dauphins au loin, discuter avec quelques personnes, acoudé au bastingage, et rythmé par les appels à la prière – ben oui, il a une “mosqué” dans le bateau. À certains moments, ils doivent annoncer que la nourriture va être distribuer et que c’est possible d’aller chercher à manger, mais j’ai pas compris grand chose à leurs annoncent en Indonésien, et j’ai mangé la nourriture du bateau uniquement au moment où je me suis retrouvé à l’extérieur à voir tout les gens reemonter de la soute les bras chargés de boîtes en polystirènes. J’irais suivre là où les gens cours pour me retrouver à faire la queue. Au moment où je passe, un membre de l’équipage me demande combien de personne je suis (“ben une”), le gars de la cuisine me file une boite, puis me demande d’où je viens, et m’en file une deuxième. Mon indonésien me servira à ne pas mourrir de faim ce jour…

Sur le bateau pour BaliLe 26 au soir, j’arrive à Benoa à Bali, après un arrêt à Bima sur Sumbawa et Lembar sur Lombok. J’utilise encore mes quelques mots d’indonésien pour chopper une moto et m’emmener à mon auberge à Sanur pour passer la nuit et manger, enfin, un vrai repas, chose qui me manquait depuis mon arrivé sur Komodo ; c’est pas qu’il manquait de nourriture là bas, ou que c’était pas bon, juste le plaisir de manger autre chose à un autre endroit sans doutes. Le lendemain, je loue une moto pour aller faire quelques achats dans le coin et c’est le début d’une journée pleine de stress. Conduire une moto dans le sud de Bali n’est pas de tout repos, entre le traffic continue de motos et de voitures dans tout les sens, doublant de tout les côtés au moindre instant et … sans compter les flics de Bali, qui n’hésite pas à arrêter les touristes à moto pour leur demander un “pourboire”. 5 minutes après mon départ, arrêté à un feu rouge, ne savant pas trop si j’ai le droit ou pas de tourner à gauche quand même, un flic me fait signe de passer et de me garer. Évidemment, papiers du véhicule, permis, blabla. 250.000 si je passe par la case poste de police à Denpasar, 200.000 si je veux régler ça tout de suite, “et on oublie l’amende”… La journée commence bien. Puis, quelques aller-retours entre Kuta et Sanur, pour ne pas trouver ce que je cherchais. C’est que c’est un chemin tellement agréable…

En rentrant à mon auberge, je rencontre un espagnol qui cherche à plonger aussi. Ça tombe bien, une voiture doit passer me prendre pour m’emmener à Tulamben pour plonger la fameuse épave du USAT Liberty. On fera la route de nuit, la musique balinaise à fond dans la voiture, clim et vitres ouvertes (?!), et c’est la première fois depuis 1 an et demi que je me sens mal en voiture, vu la conduite “sans pitié” du chauffeur. Arrivé à Tulamben, je file chez Dive Concepts avec qui je pensais plonger, et qui connait bien mon ancien instructeur Nico de Kanawa, qui a déjà travaillé ici. En discutant, je leur dis que je vais essayer de chercher un boulot en tant que Divemaster pour me faire un peu d’argent : manque de bol, ils avaient besoin de quelqu’un ici, mais ils ont déjà trouvé. Bon, pas grave, je pensais me reposer quelques semaines et je pensais pas travailler ici de toutes façons. Le lendemain, on fait une première plongée le matin, et en revenant, on me dit que si je cherche du boulot, ils ont un poste de manager à Pemuteran, au nord-ouest de Bali, pour quelques semaines. Après quelques réflexions, j’accepte le poste, mais …

… deux jours plus tard, j’arrive à l’aéroport de Bali à 4h30 du matin avec Midori, une japonaise croisée la veille au soir dans la même auberge à Sanur. Elle repart à Tokyo, et je prends un vol pour Singapour, pour refaire mon visa indonésien qui commencait à tirer un peu de l’aile. Le 30 au matin, je re-débarque donc à Singapour où je pars directement pour le consulat, pose mes papiers et pars retrouver Jasmine qui m’avait hébergé 5 mois plus tôt. Après une bonne bouffe, suivi d’une petite sieste en lisant un bouquin pour apprendre le chinois à la grande bibliothèque nationale climatisée, suivi d’une glace coincé entre deux tranches de pain de mie brioché vert (?!), on rentre dans Sim Lim Square, une grande tour entièrement consacrée à l’électronique avec deux obejctis : 1. acheter un nouveau chargeur pour mon portable (ma soudure à base de colle, trombone, super glue, papier et scotch commence à tirer vraiment la gueule), et 2. acheter un nouveau connecteur pour mon lecteur audio. On saute directement au troisième étage, qui nous dit à chaque fois d’aller voir à celui au-dessus : on dirait que le graal s’approche de plus en plus à mesure qu’on monte au ciel. Je trouve rapidement mon chargeur de portable, mais après avoir fait toute les boutiques du centre, non, je ne suis pas prêt à payer 25$ mon connecteur de lecteur audio (Apple, tu sais ce que je pense).o

\o/, Vinda & Chris au Studio UniversalFinalement, après voir posé mes affaires à mon auberge, on part retrouver … Chris et Vinda. Chris était un des Divemaster avec qui j’avais fais mon cours à Kanawa, Vinda une des étudiantes qu’on avait eu à l’époque, et qui se retrouve eux aussi de passage pour quelques jours à Singapour. C’est plutôt un gros coup de chance de se retrouver là. Après plusieurs bières et l’abandon général pour faire une soirée jam-session, je les retrouve le lendemain pour aller faire des montagnes russes toute a journée au parc d’attraction Universal Studio. Enfin, presque toute la journée parce que ça a plu pas mal quand même (et les montagnes russes sous la pluie, c’est pas cool.) Le lendemain, on ira reposer nos jambes et notre estomac à manger du poulet grillé sur une des plages au sud-est de Singapour, sous un ciel grisâtre, à compter les innombrables ferry ancrés au large des côtes. Le soir, je dis au revoir à Chris pour de bon, il repart aux États-Unis dans quelques jours.

Papaye et MadeFinalement, deux jours plus tard, me revoilà dans l’avion pour Bali, un visa indonésien tout frais en poche. Je repars à Tulamben le soir et le 4 novembre au matin me voilà sur la route de Pemuteran avec Florian, un des propriétaires du centre, et Éric, un ami belge qui revient de Belgique avec du saucisson et du fromage. On s’arrête sur la route, au bord de la mer, bordée par une belle plage de sable noir brûlant pour casse-crouter du salééééé (heureusement, il y avait un Carrefour un peu avant pour acheter de la baguette…) Arrivé à Pemuteran, je fais connaissance avec Cathrin, la manager allemande que je vais remplacer, Kadek, un guide indonésien, Made “Compressor”, le gars qui s’occupe de remplir les bouteilles (entre autre), Made “Security”, le gars de la securité et Dessak, la cuisinière. J’ai quelques jours pour comprendre comment fonctionne le centre de plongée, pour apprendre quelques-uns des sites de plongée (que je vais devoir guider), et tout le reste. J’ai une petite chambre dans une guest-house loué par le propriétaire, Dessak sera ma cusinière personnelle, aussi. La guest-house a un petit bassin avec des poissons rouges, des nénuphars et une quinzaine de grenouilles qui ont pondu plusieurs milliers d’oeufs en quelques nuits… La maison est encerclée d’un coté par un champ de bananiers et de l’autre d’une petite ferme avec deux gros cochons noirs et une dizain de porcelets qui courent dans tout les sens. À quatre heure du matin, on se fait réveiller par les coqs de tout le secteur qui chantent à tue-tête (et attention, il en a des coqs), puis à six heure du matin par le voisin qui met la musique à fond. Sinon, ça peut-être les cochons qui réclament à manger, ou la poule qui décide de se lancer dans un concert de cri sur le mur devant la fenêtre, avec son poussin qui piaille à coté parce qu’il arrive pas à sauter aussi haut. Ou alors, c’est Frau Mülle et Godehart qui miaulent, parce que, hein, il est déjà six heure, et ils ont faim. Ah oui, eux, c’est les deux chatons de la maison. Avec des noms pareils, se sont deux males. C’est pas de bol pour eux quand même.

Sur le chemin de la maisonEt puis après, c’est la vie tranquille de Pemuteran hors saison. Il n’a pas beaucoup de touristes à cette époque de l’année, encore moins ici, “loin de tout” (c’est de l’autre coté de Bali quand même). Les restaurants sont vides et les serveuses se morfondent le soir sur les tables et les centres de plongées frétillent au moindre client qui passe. Laché au beau milieu de ça, j’ai fais des belles plongées autour de l’île de Menjangan, dans le parc naturel de Bali Barat, avec du corail tip-top, des plongées intéressantes juste à Pemuteran, près du petit jetty, au dessus du sable et des poubelles à regarder des crabes se balader avec une méduse sur le dos ou au large sur le Récif de Napoléons (sans Napoléons) avec le bateau du capitaine Cencen (“banane” en Javanais, qu’il dit…), près de la plage de Puri Jati (là où j’avais mangé le saucisson et l fromage !) à regarder les petites pieuvres de la taille d’une main se planquer dans le sable ou enfin les poissons grenouilles cachés dans les poubelles de l’eau froide de Secret Bay, près de Java. Parfois les journées sont longues, mais on s’occupe comme on peu… En tant que manager, c’est aussi moi qui paie les salaires des gars qui bossent avec moi : ça paie tout juste 36 bières par mois. C’est quand même pas beaucoup (mais la bière est chère aussi…)

Bali sous la pluieLa saison des pluies a enfin commencé et en fin de journée, le ciel se couvre souvent de gros nuages noirs foncés. Ça pète pas tout les jours, mais quand ça pète, ça pète bien généralement… La mer s’est vite retrouvée remplie de sacs poubelle en tout genre. Certains disent que ça vient de Java. La plupart reconnaissent que c’est descend tout droit des rivières et des montagnes. Alors on essaie de nettoyer : après chaque plongées, mes poches de gilets sont remplies de sacs en plastique; j’ai fais une plongée de “nettoyage” sur le gros récif artificiel juste derrière le centre de plongée pour récupérer des montagnes de poubelles. Mais les préoccupations éco-bobo des étrangers ne touchent qu’une petite partie des gens ici. Les autres essayent de suivre à la vitesse balinéaise. Demain, c’est Noël. Au programme : une journée comme une autre, parce qu’il y a bien des gens qui viennent passer leur vacances ici, et il va bien falloir les faire plonger s’ils le veulent. À défaut de foie gras, huîtres (quoi que, on pourrait en récupérer dans la ferme perlière d’à coté …), de bûche et de champagne, on aura probablement un bon morceau d’ikan bakar, accompagné de sate kamping, babi guling, le tout accompagné de lalapan et de quelques verres d’arak (ou pas hein, faut pas abuser des “bonnes” choses…), en finissant par une touche légère à base de nanas goreng… Tout un programme en perspective !


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One Response to Stop and turn around

  1. gl says:

    Et joyeux Noel mon bon Jon !

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